Quels sont les domaines d’applications au sein desquels Capgemini est le plus investi ?
Nous travaillons dans des secteurs très concurrentiels tels que les Services financiers, l’automobile, la distribution, la santé, l’industrie. Que ce soit au niveau du digital, de la data, du cloud, ou de la maintenance prédictive à travers l’IoT, Capgemini déploie ses expertises à travers des engagements partenariaux de long terme pour guider nos clients dans leur transformation digitale. Notre expertise sectorielle et data s’est, par exemple, manifestée avec Airbus lorsque l’avionneur a voulu transformer son business model classique de vente d’avions vers un business model beaucoup plus data centric de vente de services autour de ses avions avec le projet Skywise.
Capgemini, en combinant ses différentes expertises permet à ses clients de faire de la donnée un levier de continuité numérique, est ce que vous pouvez nous en dire plus ?
Si la donnée est un levier stratégique puissant pour renforcer ses positions dans son écosystème, ou traverser les frontières des secteurs, c’est aussi un enjeu opérationnel au quotidien. La donnée est partout et l’affaire de tous au sein des entreprises, elle impose de dépasser les silos organisationnels en faisant collaborer l’ensemble des métiers (digital, data ou éthique) pour l’aborder de façon transverse et garantir la continuité numérique.
Ce qui nécessite le besoin d’une gouvernance rigoureuse, l’apparition de nouveaux rôles (comme les data stewart, data protectionner...) et des structures opérantes pour la réalisation des cas d’usage. Aussi la donnée est dépendante des possibilités technologiques comme la révolution en cours des processeurs de calcul ou de la révolution annoncée de la 5G.
A ce propos, le déploiement de la 5G va considérablement modifier le paysage industriel français. Capgemini est très en pointe sur ce sujet…
Oui. On sait que l’appétit des utilisateurs pour la connectivité va forcer l’écosystème de la 5G à se lever. Nous travaillons ainsi avec des acteurs télécom mais aussi avec des acteurs tiers en anticipant l’impact de la 5G sur leur business model. Le déploiement de ce nouveau standard de connectivité va accélérer le développement de l’IoT et permettre de soutenir la multiplicité des cas d’usages augmentant de fait la quantité de données disponible et exploitable. Toutes les entreprises qui fournissent des services digitaux vont en bénéficier. La collaboration avec les partenaires devient nécessaire et la sécurité mise à l’épreuve.
Certaines études ont récemment affirmé que les industriels français savaient récolter la donnée mais avaient encore du mal à l’analyser. Ne pensez-vous pas que la France, ne soit quelque peu en retard vis-à-vis de la Chine ou des Etats-Unis sur ce domaine ?
La qualité de la donnée, c’est le premier enjeu. La structuration et la complétude des données sont primordiales. Une prise de conscience a été opérée. Aujourd’hui, nous savons capter des données utilisateurs, exploiter de plus en plus les données des ERP, et compter sur l’open data. En ce qui concerne l’analyse, qui est le deuxième enjeu, je pense que la France possède de brillants data scientists et des compétences mathématiques suffisantes pour progresser sur ces analyses (prédictif, prospectif, visualisation, industrialisation). Nous œuvrons également dans un contexte législatif européen qui nous encourage à traiter la donnée de façon éthique.
Au sein d’un monde où l’intelligence artificielle va obtenir une importance prépondérante, vous maintenez une part importante à l’éthique de la donnée ?
Parfaitement ! Deux des fondamentaux du groupe Capgemini sont la technologie et l’humain. Forts de ces valeurs, nous croyons en une IA responsable, et à la nécessité de l’éthique (par ex. explicabilité des algorithmes) pour une IA dans laquelle nous avons confiance. D’ailleurs, nous allons dispenser, dès 2020, des formations aux data scientists pour les sensibiliser à cette question. Pour que les initiatives et les projets d’IA aient un impact positif sur la société.




