Il y a près d'un an Docaposte (filiale numérique du groupe La Poste), la Banque des Territoires, Dassault Systèmes et Bouygues Telecom annonçaient la création de NumSpot. Cette société poursuit l'ambition suivante : proposer "une offre cloud indépendante, souveraine et robuste" adossée sur l'offre IaaS d'Outscale, la filiale cloud de Dassault Systèmes. Quelles avancées après un an d'existence ?
Une centaine de personnes recrutées
Comme l'expliquent les partenaires, durant cette première année d'existence, NumSpot s'est concentré sur "quatre chantiers prioritaires" : la constitution d'une équipe, la conception d'un catalogue d'offres, les relations avec les premiers clients et le développement de son écosystème de partenaires.
Sur le premier chantier, Alain Issarni, président exécutif de la société depuis février, se félicite "qu'une centaine de personnes travailleront sur le projet d'ici la fin de l'année" ; "70% travaillent sur la partie technique et 30% sont dédiés à la partie commerciale, ressources humaines, finances et autres". "Nous avons probablement été aidés par l'image que colporte NumSpot aux yeux de certaines personnes", analyse-t-il.
Quatre marchés prioritaires
Cette équipe développe plusieurs offres et services qui s'adressent à "quatre verticales prioritaires" : le secteur public, la santé, les banques et assurances, et enfin les opérateurs d'importance vitale et les opérateurs de services essentiels (OIV/OSE). "Nous concentrons tous nos efforts sur ces marchés", explique Olivier Vallet, président directeur général de Docaposte, à L'Usine Digitale.
Quatre clients ont déjà été annoncés : la Centrale d'achat de l'informatique hospitalière (CAIH), la solution d'IA générative de Docaposte, France Services et CNP Assurances. Le président exécutif a refusé de divulguer le nombre exact de clients, expliquant que "plus que le nombre, c'est la qualité qui compte".
De son côté, Olivier Vallet nous rapporte que de "nombreuses grandes entreprises" s'intéressent à NumSpot dans le cadre d'une stratégie multi-cloud afin de protéger des données sensibles, pour lesquelles "les notions d'indépendance et de souveraineté raisonnent". "Nous avons un pipe d'affaires extrêmement important", promet-il.
Une première offre adossée sur Outscale
La particularité de NumSpot est d'avoir pu proposer dès sa création une offre de cloud qualifiée "SecNumCloud" : celle commercialisée par Outscale, filiale cloud de Dassault Systèmes. Pour rappel, ce visa de sécurité est délivré par l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) et atteste d'un très haut niveau de sécurisation et de protection des données, dont une immunité contre les lois extraterritoriales comme le CLOUD Act américain. La procédure est à renouveler tous les trois ans. C'est cette offre qu'utilisent les quatre premiers clients annoncés.
Le but de la société est désormais de "rajouter sur cette couche Outscale des offres managées, c'est-à-dire des services qui peuvent être utilisés à la volée et qui permettent de bénéficier de toute l'industrialisation de ce que font les fournisseurs de cloud", détaille Alain Issarni. La première version de cette plateforme – qui intégrera "les services Kubernetes, OpenShift et base de données" – devrait être "opérationnelle début 2024", annonce le président exécutif.
"Nous sommes plutôt confiants sur le fait qu'elle sera déjà certifiée ISO 27001 et HDS [hébergeur de données de santé, ndlr] lorsqu'elle sortira", ajoute-t-il. A cette étape, l'intégralité de l'offre (infrastructure + services) ne sera pas certifiée SecNumCloud. Le processus de qualification pour cette dernière démarrera au "premier trimestre 2024".
Pas de date pour l'attribution de SecNumCloud
En revanche, les membres refusent de donner une estimation de l'attribution du visa de sécurité. "L'exercice est compliqué. C'est difficile de donner une date, explique Alain Issarni. Une chose est sûre : ce que nous bâtissons, nous le bâtissons pour être qualifié SecNumCloud." Notons que le calendrier de lancement a été modifié : à l'origine, l'offre finale devait être opérationnelle "dès la mi-2023", avait indiqué Sébastien Massart, directeur de la stratégie chez Dassault Systèmes, lors d'un échange accordé à L'Usine Digitale en novembre 2022.
Pour se démarquer des offres concurrentes telles que S3NS (Thales et Google) et Bleu (Microsoft, Orange et Capgemini), NumSpot veut se concentrer sur des secteurs bien précis, souligne Olivier Vallet. "Nous n'avons pas la même philosophie, ajoute Alain Issarni. Nous avons le sentiment d'être beaucoup plus indépendant d'acteurs un peu trop hégémoniques, grâce au logiciel libre notamment," Cette indépendance repose également sur l'actionnariat "100% français" et le recours à "un maximum de technologies françaises et européennes".
De son côté, S3NS – la joint-venture entre Thales et Google Cloud – a annoncé l'obtention de SecNumCloud au quatrième trimestre 2024. "Je suis intimement persuadé que nous aurons le label", avait même déclaré son directeur général Cyprien Falques à L'Usine Digitale. La co-entreprise a également déjà annoncé des clients, tels que Birdz (Veolia), Club Med, Matmut ainsi que le groupe AGPM. Bleu avait annoncé en juin 2022 que son offre serait pleinement disponible en 2024. Depuis, c'est le silence radio.


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