Cloud souverain : Scaleway entame le processus de qualification SecNumCloud, objectif fin 2025

Un de plus. Après Free Pro, S3NS ou encore Bleu, c'est Scaleway qui vise l'obtention de la précieuse qualification SecNumCloud, délivrée par l'Anssi et attestant du plus haut niveau de sécurisation des données hébergées dans le cloud. La filiale du groupe Iliad vient d'annoncer l'octroi du J0, soit l'acceptation de la demande de qualification. Elle espère être qualifiée fin 2025 et ainsi rejoindre le cercle très fermé des fournisseurs labellisés. 

Data center Scaleway
Data center Scaleway

L'hypothèse émise par L'Usine Digitale, il y a quelques mois, semble se vérifier : la qualification "SecNumCloud" est devenue indispensable pour prospérer sur le marché du cloud français. C'est Scaleway, fournisseur de services cloud du groupe Iliad, qui a annoncé ce 9 janvier 2025 l'octroi du jalon "J0" par l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi), c'est-à-dire l'acceptation de la demande de qualification. 

Objectif : fin 2025

Scaleway vise "fin 2025" pour l'obtention de la certification, autrement dit l'octroi du J3 par l'agence française de la cybersécurité, révèle Damien Lucas, CEO de Scaleway, interrogé par L'Usine Digitale. Un délai exceptionnellement court – le délai traditionnel est fixé à une année au moins – qui s'explique par le fait que l'entreprise n'a pas "à redévelopper les produits pour répondre aux exigences de l'Anssi". "Les best practices ont été prises en compte dès le début chez Scaleway", indique le CEO. 

L'entreprise française pense pouvoir se démarquer de ses concurrents en qualifiant "l'ensemble de [ses] produits existants", regroupés sous le nom "Scaleway Cloud". "Nous n'avons pas construit une nouvelle offre dans un coin de table", lance Damien Lucas, faisant notamment référence aux offres dites hybrides, telles que S3NS (Thales et Google) et Bleu (Orange, Capgemini et Microsoft). 

"Des parts de marché à redistribuer"

L'obtention du précieux label, qui atteste du plus haut niveau de sécurisation des données hébergées dans le cloud, s'inscrit dans "la nouvelle phase" de l'entreprise ayant débuté "il y a deux ans". Son ambition : "devenir le leader européen du cloud et de l'IA". Pour répondre à cet objectif, il faut coller aux nouvelles attentes du marché, en particulier la demande de cloud ultra-sécurisé pour héberger des données sensibles. "Il y a des parts de marché à redistribuer, qui justifient pleinement le fait d'investir dans la qualification", note le CEO, refusant de communiquer sur l'investissement engagé. 

Au-delà des entités du secteur public, historiquement friandes des offres qualifiées, c'est le secteur privé qui intéresse particulièrement Scaleway. Damien Lucas mentionne l'explosion des appels d'offres qui mentionnent spécifiquement SecNumCloud. "Une grande entreprise qui veut choisir un cloud souverain ne peut pas mettre dans un appel d'offre qu'elle cherche un prestataire français, explique-t-il. En général, ce n'est pas compatible avec le code du commerce international." 

Avec l'obtention de la qualification, la filiale d'Iliad répond également aux exigences de ses clients actuels, tels que l'Agence du numérique de la sécurité civile (ANSC), un établissement public administratif de l’État, placé sous la tutelle du ministre en charge de la sécurité civile, qui gère la conception, le déploiement, la maintenance et le fonctionnement des systèmes d'informations et applications nécessaires au traitement des alertes issues des numéros d'appels d'urgence 18 et 112. "C'était une demande de la part du ministère de l'Intérieur que nous soyons assez rapidement SecNumCloud", explique le CEO. 

"Le plus souverain de tous les clouds souverains européens"

Pour s'imposer sur ce marché, Scaleway devra réussir à concurrencer les acteurs bien installés, en premier lieu OVHcloud qui mise sur le tout souverain. Cette configuration n'effraye pas la société qui estime être "le plus souverain de tous les clouds souverains européens".

Pour se justifier, le CEO cite le fait que les serveurs soient situés en France, appartenant à et opérés par OpCore, la nouvelle entité chargée des datacenters ; la possession du matériel ; la nationalité européenne des salariés ; ainsi que le développement de "la stack logicielle".  "Nous n'utilisons pas du VMWare comme OVHcloud, ni du Google comme S3NS ou de l'Azure comme Bleu", déclare-t-il. 

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