Actualisation du 30 décembre : Barack Obama a annoncé le 29 décembre une série de sanctions contre la Russie après son ingérence dans l'élection présidentielle américaine. 35 agents de renseignement russes vont être expulsés du territoire américain. Des entreprises et agences russes sont également visées pour avoir mené des cyberattaques contre le parti démocrate et favorisé l'élection de Donald Trump. Les Etats-Unis vont par ailleurs publier des informations déclassifiées sur les opérations informatiques de la Russie.
La course à l'élection présidentielle des Etats-Unis a été secouée ces dernières semaines par la publication de plus de 20 000 documents confidentiels du camp démocrate, qui révélaient une prise de position en faveur d'Hillary Clinton et contre Bernie Sanders de la part des dirigeants du parti. L'organisation Wikileaks s'est chargée de dévoiler ces documents, s'attirant la foudre de nombreux observateurs car elle n'a pas pris la peine de censurer les informations personnelles (numéros de téléphone, adresses email et postales, identifiants de passeports, numéros de comptes bancaires) de milliers de donateurs de la campagne.
Une stratégie de déstabilisation de l'Occident
La source de cette fuite s'est présentée comme un hacker se faisant appeler "Guccifer 2.0". Mais en analysant les logiciels employés pour le piratage, les experts ont très rapidement émis puis confirmé l'hypothèse qu'il s'agit en réalité d'une opération montée par le gouvernement russe. L'affaire rebondit aujourd'hui avec la révélation par Bloomberg que la même source est responsable du piratage des emails du général Philip Breedlove (qui était jusqu'à peu le commandant des forces de l'Otan en Europe), de plusieurs hauts responsables des services de renseignements occidentaux, et de l'organisation caritative Open Society Foundation, fondée par l'influent milliardaire George Soros.
D'autres fuites sont à prévoir
Les informations dérobées lors de cet acte de piratage avaient été publiées sur le site DCLeaks.com quelques semaines avant l'affaire du parti démocrate américain. Les hackers s'étaient présentés comme étant américains. Cependant, d'après les sources de Bloomberg, l'origine du piratage remonterait jusqu'au GRU et au FSB, deux services de renseignement russes (l'un militaire, l'autre civil). Signe révélateur, le contenu de ces fuites se concentrait en grande partie sur la politique américaine concernant la Russie, et révélait par exemple l'opposition du général Breedlove à la stratégie de Barack Obama envers Moscou.
La publication de ces informations sous forme de "fuites" aurait été orchestrée pour attiser l'intérêt du grand public et rentrerait dans une stratégie globale de déstabilisation. Bloomberg juge d'ailleurs probable que d'autres documents restent encore à dévoiler. Le gouvernement russe a bien évidemment nié toute implication.


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