Depuis fin août 2025, Jaguar Land Rover, filiale de la société automobile indienne Tata Motors, est plongé dans une crise inédite. Une attaque informatique a forcé le constructeur britannique à mettre hors ligne ses systèmes informatiques, paralysant la production dans ses sites britanniques de Solihull, Halewood et Wolverhampton. La situation est gravissime : les chaînes d'assemblage sont arrêtées, des milliers de salariés n'ont plus accès à leurs postes et la reprise n'est pas attendue avant début octobre 2025.
50 millions de livres par semaine
L'impact financier est considérable. Selon Reuters, chaque semaine sans production coûte près de 50 millions de livres sterling (environ 57 millions d'euros) par semaine. Le problème étant que l'impact se répercute bien au-delà de Jaguar Land Rover. Toute la filière automobile est affectée, des centaines de PME sous-traitantes voient leurs flux financiers brutalement interrompus.
L'attaque a été revendiquée sur Telegram par un groupe de hackers se baptisant "Scattered Lapsus$ Hunters", un nom évoquant la fusion de plusieurs cybercriminels. Il aurait exploité des vulnérabilités dans des applications internes et compromis des comptes pour s'infiltrer dans les systèmes. Le constructeur n'a pas donné de détails sur la nature de l'attaque, ni si une rançon a été réclamée.
Londres vole au secours du constructeur
Le constructeur a immédiatement lancé une enquête, en coopération avec le National Cyber Security Centre (NCSC), l'équivalent britannique de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi). La gravité de l'incident a conduit le gouvernement britannique à intervenir. Londres a accordé une garantie de prêt de 1,5 milliard de livres sterling (environ 1,7 milliards d'euros) pour stabiliser la situation et protéger l'industrie automobile.
Au moment de l'attaque, le constructeur britannique ne dispose pas d'une couverture d'assurance cyber finalisée, ce qui exacerbe les conséquences financières de l'incident. Selon des sources du marché de l'assurance citées par le Financial Times, il avait échoué à finaliser un contrat de cyber assurance avec le courtier Lockton avant la cyberattaque. Cette absence d'assurance fait peser sur la société l'intégralité des coûts directs et indirects (pertes de production, interruption des chaînes d'approvisionnement...).
Protéger le bassin industriel britannique
La cyberattaque contre Jaguar Land Rover illustre la manière avec laquelle une intrusion peut paralyser un secteur, provoquer des pertes financières majeures et mettre en péril des emplois. Rappelons qu'il est le premier constructeur automobile du pays et l'un des principaux exportateurs. L'arrêt prolongé de ses usines touche non seulement ses propres effectifs mais fragilise aussi tout un réseau de sous-traitants, qui dépendent des commandes régulières du constructeur.
La garantie de prêt publique vise ainsi à protéger l'emploi dans les régions industrielles des Midlands et du nord de l'Angleterre, où Jaguar Land Rover est un employeur incontournable.


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