Cybersécurité : Des pirates chinois ont ciblé les téléphones de personnalités politiques américaines

Le FBI et l'agence américaine de cybersécurité ont annoncé enquêter sur "l'accès non autorisé" aux infrastructures télécoms du pays par "des acteurs affiliés à la République populaire de Chine". Plusieurs personnalités politiques ont été notamment ciblées, et les communications d'un conseiller de campagne de Donald Trump ont été interceptées.

téléphone à la main
téléphone à la main

À quelques jours de l'élection présidentielle américaine, le FBI et la CISA, agence américaine de cybersécurité, ont déclaré dans un communiqué conjoint que des pirates chinois avaient ciblé des fournisseurs télécoms aux États-Unis. “Après avoir identifié une activité malveillante spécifique visant le secteur, le FBI et la CISA ont immédiatement informé les entreprises concernées, fourni une assistance technique et partagé des informations pour aider d'autres victimes potentielles”, écrivaient les deux agences le 25 octobre.

Des tentatives de piratage ciblant les équipes de campagne de Trump et Harris

Les services de sécurité restent assez succincts dans leur déclaration, précisant qu'ils enquêtent toujours sur "l'accès non autorisé aux infrastructures de télécommunications commerciales par des acteurs affiliés à la République populaire de Chine". Dans la foulée, plusieurs médias ont rapporté que des cybercriminels chinois avaient tenté de s'infiltrer dans les téléphones utilisés par Donald Trump, son colistier J. D. Vance et plusieurs membres de son équipe de campagne, mais aussi de proches de la candidate démocrate Kamala Harris.

On ignore, pour l'heure, si ces tentatives de piratage par des hackers affiliés à l'État chinois ont réussi. L'ensemble de ces personnes font en effet partie d'un groupe plus important dont les numéros de téléphones ont été ciblés par l'infiltration des systèmes téléphoniques de Verizon. Les cybercriminels pourraient donc toujours avoir accès aux systèmes internes de l'opérateur sans pour autant collecter activement des données.

Le Washington Post a toutefois révélé le 27 octobre qu'un groupe de pirates avait intercepté des appels d'un conseiller de campagne de Donald Trump. Les cybercriminels ont aussi pu accéder à des messages non chiffrés de bout-en-bout sur son téléphone.  

Salt Typhoon pointé du doigt

Ces opérations de piratage ont été attribuées au groupe affilié à l'État chinois Salt Typhoon, qui aurait commencé à collecter des appels depuis plusieurs mois dans le cadre d'une campagne d'espionnage. En dehors de Verizon, ces cybercriminels sont connus pour avoir ciblé les réseaux de l'opérateur AT&T et du fournisseur d'accès à Internet Lumen Technologies. Ils ont alors pu obtenir des données provenant de systèmes utilisés par le gouvernement pour mettre en place des écoutes téléphoniques autorisées sur décision de justice.

L'équipe de campagne de Donald Trump a déjà été visée par des tentatives de piratage cette année. Fin septembre, le ministère américain de la Justice a accusé trois membres des Gardiens de la révolution iraniens de fraude électronique, vol d'identité et fraude informatique. Ces trois personnes auraient utilisé de faux comptes de messagerie pour échanger avec des responsables de campagne, avant de les inciter à cliquer sur des liens piégés pour voler des documents internes.

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