Filigran annonce ce 6 octobre 2025 une nouvelle levée de fonds de 58 millions de dollars (environ 49,3 millions d'euros), menée par Eurazeo avec le soutien de Deutsche Telekom et des investisseurs historiques Accel et Insight Patners. Un an après avoir levé 35 millions de dollars en série B, la société française franchit une nouvelle étape qui porte à plus de 100 millions de dollars les fonds réunis depuis sa création en octobre 2022.
Une approche proactive de la cybersécurité
Depuis son lancement, Filigran s'est spécialisé dans une approche proactive de la cybersécurité, de la collecte de renseignement sur les menaces jusqu'à la remédiation. Sa suite eXtended Threat Management repose sur deux piliers : OpenCTI, son produit phare qui représente près de 80% du chiffre d'affaires et qui structure le renseignement sur les menaces, en agrégeant des données issues de l'intérieur des organisations, de l'extérieur et du dark web ; OpenBAS, une solution de simulation d'attaques et de validation de la sécurité, qui aide à mesurer les écarts entre la posture de sécurité d'une organisation et les menaces réelles.
Sa particularité : "nous proposons une suite de solutions intégrées qui interagissent entre elles, là où beaucoup de nos concurrents se limitent à un seul volet", explique Samuel Hassine, CEO de Filigran, interrogé par L'Usine Digitale. L'approche de la pépite repose aussi sur l'open source, un choix stratégique qui lui a permis d'imposer rapidement ses solutions dans l'écosystème mondial de la cybersécurité. "C'est ce qui nous permet de diffuser nos solutions à grande échelle et de bâtir une crédibilité forte face aux géants américains", note-t-il.
Lancer des agents IA pour connecter les solutions
La levée financera le développement d'un troisième module : OpenGRC, une solution de gouvernance et d'analyse des risques conçue pour hiérarchiser en temps réel les écarts de sécurité en fonction de l'évaluation de la menace. Filigran prépare aussi XTM One, une plateforme transverse d'agents IA capables d'interagir avec les trois solutions. "Ces agents viendront renforcer les capacités des analystes et automatiser certaines tâches, afin de rendre la cybersécurité plus réactive et efficace", détaille le CEO.
Filigran compte déjà 80 employés et prévoit de doubler ses effectifs d'ici fin 2026. Les Etats-Unis, où l'entreprise emploie 30 personnes et génère 30% de ses revenus, restent une priorité. La société ouvrira également une filiale au Japon et renforcera sa présence au Moyen-Orient, où elle dispose déjà d'une équipe de trois personnes en Arabie Saoudite. En Europe, l'accent sera mis sur l'Allemagne, l'Autriche et la Suisse.
Les solutions de Filigran sont utilisées par plus de 6000 organisations publiques et privées, dont Marriott, Rivian, la Commission européenne, le FBI et plusieurs agences fédérales américaines et australiennes.
Les Etats-Unis, un marché plus mature
Cette adoption internationale illustre une tendance : aux Etats-Unis, la validation continue de la posture de sécurité est devenue un standard. "C'est automatique dans tous les budgets et toutes les stratégies cyber, explique Samuel Hassine. En Europe, la maturité reste plus lente."
Filigran insiste sur sa culture internationale instaurée dès le premier jour : communication interne et documentation uniquement en anglais, déploiement rapide en Australie et aux Etats-Unis. "Nous n'avons jamais voulu être perçus comme une société purement française. Nos solutions doivent convaincre par leur valeur, pas par leur origine", conclut le CEO.


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