Cap sur l'Allemagne pour Amazon Web Services (AWS) et son cloud "souverain" annoncé en octobre dernier. La filiale cloud du géant américain va investir 7,8 milliards d'euros jusqu'en 2040 en Allemagne, a-t-on appris par voie de communiqué. Dans les faits, elle va ouvrir sa première région dans le land du Brandebourg d'ici à 2025. Celle-ci sera "accessible à tous les clients", précise AWS.
Création de 2800 emplois équivalents temps plein
Au global, cela représente un investissement qui "devrait contribuer à hauteur de 17,2 milliards d'euros (...) jusqu'en 2040" au produit intérieur brut allemand, lequel était de 4500 milliards d'euros en 2023. Il devrait également soutenir "en moyenne 2800 emplois équivalents temps plein" dans les entreprises allemandes "chaque année".
AWS prévoit aussi la création de "nouveaux postes permanents hautement qualifiés" chargés de construire et exploiter cette nouvelle région dédiée à son cloud "souverain". Ce point est essentiel, note l'entreprise puisque "toutes les opérations quotidiennes (...) y compris l'accès aux données, l'assistance technique et le service client" liées à ce cloud seront "contrôlées exclusivement par du personnel situé dans l'UE". C'est en effet l'objectif de la nouvelle offre d'AWS : promettre une étanchéité entre son "European Sovereign Cloud" et les régions préexistantes pour les clients ayant des besoins forts en matière de souveraineté des données. Plus particulièrement, l'entreprise dit s'adresser aux "organisations du secteur public" ainsi qu'aux clients "des secteurs hautement réglementés".
Pas de dégradation des services proposés
L'autre promesse d'AWS est de proposer "le même portefeuille de services étendu et les mêmes API". Autrement dit, "nous retrouvons la même étendue de services et d'options qu'avec les offres commerciales existantes", avait expliqué Stephan Hadinger, directeur de la technologie d'AWS France, lors d'une interview avec L'Usine Digitale.
Dans les détails, l'AWS European Sovereign Cloud sera "physiquement et logistiquement" séparé des autres régions cloud existantes tout en ayant "la même sécurité, la même disponibilité et les mêmes performances", explique l'entreprise. Chaque zone disposera de sa propre "alimentation", système de "refroidissement" ainsi que d'une "sécurité physique indépendante". A noter qu'étant une entreprise américaine, Amazon est tout de même soumise à l'arsenal législatif américain, dont le CLOUD Act qui permet - sous certaines conditions - aux autorités américaines d'accéder aux données stockées dans un data center appartenant à une entreprise américaine situé dans n'importe quel pays.
Quelle stratégie sera payante ?
A l'image de ses deux grands concurrents, Google Cloud et Microsoft Azure, AWS se lance dans la bataille du cloud dit "souverain" mais en adoptant une stratégie bien différente. En effet, le géant ne vise pas l'obtention du visa SecNumCloud délivré par l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi), du moins pour l'instant, comme nous l'avait indiqué Stephan Hadinger. Sa stratégie semble plus proche de celle d'Oracle avec son offre "EU Sovereign Cloud" annoncée en juin 2023 et disponible depuis août 2023.
De leurs côtés, Google et Microsoft ont choisi de tisser des partenariats avec des entreprises françaises afin de viser l'obtention du précieux sésame. Google Cloud s'est ainsi associé à Thales avec S3NS. Microsoft s'est lui rapproché d'Orange et Capgemini pour créer Bleu. Il reste à voir quelle stratégie sera réellement payante. A noter que Google Cloud et Thales visent vise l’entrée dans le processus de qualification SecNumCloud au mois de juin 2024.


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