La justice valide la reprise d'Atos par ses créanciers

Le tribunal de commerce de Nanterre a donné son feu vert au plan de sauvegarde accélérée du groupe informatique, qui a enregistré au troisième trimestre une nouvelle baisse de son activité.

ATOS
siege social d'Atos France

La reprise d’Atos par ses créanciers franchit une nouvelle étape. Après avoir été adopté par les actionnaires, le plan de sauvegarde accélérée du groupe informatique a été validé jeudi 24 octobre par le tribunal de commerce de Nanterre. Celui-ci devrait être mis en place entre novembre et janvier.

Ce feu vert est “une étape décisive dans notre processus de restructuration financière”, assure Philippe Salle, tout juste nommé au poste de président du Conseil d’administration et qui récupérera aussi l’an prochain la casquette de directeur général. “Cette étape importante garantit la pérennité des activités d’Atos”, assure-t-il, permettant “de projeter le groupe sereinement vers une nouvelle page de son histoire”.

Baisse du chiffre d'affaires

La relance d’Atos prendra cependant du temps. Jeudi, la société a en effet publié des résultats financiers en baisse. Son chiffre d'affaires a reculé de 11% au troisième trimestre, tombant à 2,3 milliards d'euros. Et ses prises de commandes ont chuté de plus de 30%.

Endetté à hauteur de 4,6 milliards d’euros, Atos jouait sa survie depuis plusieurs mois. Deux offres de reprise avaient été formulées par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, à travers son fonds EP Equity Investment, et par David Layani, fondateur de la société française Onepoint, premier actionnaire d'Atos.

Mais le second a abandonné son projet au début de l'été. Et le premier s’est heurté aux refus des créanciers d’Atos, car il réclamait qu’une grande partie de la dette soit effacée. Il ne restait donc plus qu’une solution: un plan de sauvetage piloté par les banques et les fonds auprès desquels Atos s’est endettée.

Nouveaux financements

Ce plan prévoit que les créanciers abandonnent 3,1 milliards d’euros de dettes, qui vont être convertis en actions. Il prévoit aussi une augmentation de capital de 233 millions d’euros, à laquelle pourront participer les actionnaires d’Atos. À l’issue de cette opération, les créanciers contrôleront entre 74,1 et 99,9% au capital.

Pour financer une relance de l’entreprise, les créanciers apporteront de nouveaux financements, pouvant aller jusqu'à 1,675 milliard d’euros. La réussite du projet est cependant incertaine, tant Atos accumule de lourdes pertes: près de deux milliards d’euros au cours des six premiers mois de l'année.

L'État reprend les activités stratégiques

Parallèlement, les activités stratégiques d’Atos doivent être reprises par l’Etat. Selon Marianne, le groupe de défense Thales devrait participer à l'opération. Ces activités comprennent notamment les supercalculateurs utilisés pour la simulation d’essais nucléaires ou la gestion du parc des centrales nucléaires d’EDF, les systèmes de communications des avions Rafale ou encore les outils de cybersécurité. La transaction se chiffrera à 700 millions d’euros.

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