"Les menaces et les agressions hybrides de Poutine n'auront jamais raison de notre détermination." C'est par ces mots que David Lammy, secrétaire d'Etat aux affaires étrangères, du Commonwealth et du développement du Royaume-Uni, a annoncé vendredi 18 juillet des sanctions contre 18 espions et hackers russes, accusés d'avoir mené une "campagne soutenue de cyberactivité malveillante" sur le sol britannique et, plus largement, européen. Leurs noms ont été dévoilés sur le site du gouvernement.
Des opérations aux conséquences bien réelles
Ces nouvelles sanctions concernent également trois unités du GRU, le service de renseignement militaire de la Fédération de Russie : 29155, 26165, 74455. D'après les informations révélées vendredi par le secrétariat d'Etat aux affaires étrangères, elles ont été impliquées ces dernières années dans de nombreuses attaques sur le Vieux Continent : un piratage du gouvernement estonien en 2020 pour la première, des cyberattaques lors des Jeux olympiques de Paris en 2024 pour la deuxième, une attaque sur l'opérateur de télécommunications ukrainien Kyivstar en 2023... La liste est longue.
L'unité 26165 a même été directement impliquée dans le bombardement russe du théâtre de la ville ukrainienne de Marioupol, qui a fait plusieurs centaines de morts le 16 mars 2022. Elle a aussi participé en 2013 au piratage d'adresses mail appartenant à Ioulia Skripal, la fille d'un ancien officier de renseignement militaire russe, qui a plus tard été victime avec son père d'une tentative ratée d'empoisonnement au moyen d'un puissant agent neurotoxique, le Novitchok.
"L'Ukraine comme terrain d'essai"
Une agence d'ingérence russe en Afrique de l'Ouest a aussi été sanctionnée vendredi par le Royaume-Uni. Baptisée African Initiative, cette ferme à contenus active sur les réseaux sociaux relaie dans la région "des théories du complot sans fondement pour faire avancer l'agenda politique du Kremlin", selon Londres.
S'attendant à ce que les opérations hybrides menées par la Russie pour déstabiliser l'Europe se poursuivent et s'accélèrent, le secrétariat d'Etat aux affaires étrangères s'est dit "préoccupé par le fait que le GRU a utilisé l'Ukraine comme terrain d'essai pour le développement d'une série de cybercapacités, intégrées dans sa doctrine militaire, depuis 2014".
Le gouvernement britannique n'a pour l'heure pas précisé en quoi consisterait ses sanctions dans ce dossier. Comme le rapporte la BBC, les personnes ou les entités sanctionnées dans ce genre d'opérations peuvent faire l'objet de restrictions variées, incluant le gel de leurs avoirs financiers.


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