Les professionnels, dont bon nombre de TPE et PME, sont très convoités par l’écosystème bancaire. Société Générale ne s’y trompe pas et a annoncé ce mardi 30 juin le rachat de la néobanque pour les pros, Shine. Si le montant n’est pas précisé, le média américain TechCrunchévoque une opération de de 100 millions d’euros.
La fintech va poursuivre "son développement indépendant avec des moyens renforcés", selon un communiqué des deux partenaires, qui ajoutent que "les synergies entre Société Générale et Shine vont permettre d’accompagner encore mieux tous les entrepreneurs dans leur croissance".
70 000 clients en deux ans
Pour la jeune fintech, il s’agit d’une étape évidemment très importante. Créé en 2018 par Nicolas Reboud et Raphaël Simon, Shine a conquis rapidement plus de 70 000 entrepreneurs dont bon nombre d’indépendants. Elle propose des comptes professionnels entièrement digitaux et un ensemble d’outils destinés à les accompagner dans leurs démarches administratives, comme des solutions de facturation, de calcul des charges ou de simplification comptable. L’application permet aussi de recevoir des notifications de rappel pour ne pas oublier certaines formalités importantes.
La fintech a également séduit les investisseurs, avec une seule et unique levée de fonds, en 2018, de 10,8 millions d’euros auprès de Daphni, Kima Ventures, XAnge et quelques business angels. Shine s’appuie sur l'infrastructure de Treezor, fournisseur de solutions à destination des fintech, et également propriété du groupe Société Générale.
Une offre complète pour les professionnels
Ce rapprochement va lui permettre d’ajouter d’autres services financiers comme le crédit, l’assurance ou les paiements. Pour la Société Générale, c’est la possibilité de compléter son offre à destination des clients professionnels et TPE, "avec l’ambition d’être le leader sur un secteur en forte croissance". La banque de détail va être ainsi en mesure de proposer "un dispositif unique sur le marché, fondé sur une offre numérique de référence et une offre d’expertise via son réseau d’agences et d’Espaces Pros".
Shine va surtout apporter ses innovations, dont le secteur bancaire traditionnel, en pleine transformation numérique, est friand. "Le modèle proposé par Shine nous a séduit car il renforce notre promesse relationnelle d’offrir aux clients le meilleur de l’humain et du digital, explique Marie-Christine Ducholet, Directrice de la Banque de détail Société Générale en France. Enfin, les synergies avec nos différents métiers sont nombreuses et nous permettent d’aller un cran plus loin dans notre stratégie d’Open banking".
Shine ciblera, en cohérence avec son positionnement, les clients professionnels qui préfèrent une gestion en ligne. "Lorsque l’activité et les besoins de ses clients évolueront, Société Générale leur permettra de bénéficier d’une offre plus étendue incluant le recours à l’expertise des conseillers, et ceci sans changer de banque et dans un continuum sans couture".
Les petites entreprises, cibles très convoitées
La Société Générale mène une stratégie d’acquisition plutôt active dans l’écosystème fintech, avec les rachats de l’application de gestion des finances personnelles Fiducéo en 2015 (via sa filiale Boursorama) puis la plateforme de financement participatif Lumo et Treezor en 2018. Elle mise aussi sur l'innovation interne : elle a annoncé en février le lancement de sa start-up "maison" baptisée Oppens, qui a pour but d'aider les TPE/PME à améliorer leur cybersécurité.
Cette annonce intervient dans un contexte particulier pour les TPE et PME. Fragilisées par la crise sanitaire, à la recherche de solutions pour accélérer leur transformation ou exprimant des besoins très spécifiques (trésorerie, paiement…), elles peuvent être séduites par les réponses rapides, parfois instantanées, des jeunes pousses. Shine devra néanmoins toujours compter sur l’autre pépite du marché, Qonto, mais également sur Memo Bank (ex- Margo Bank), qui vise spécifiquement les entreprises réalisant au moins 2 millions de chiffre d’affaires par an et comptant plus de 10 collaborateurs, soit quelque 150 000 petites et moyennes entreprises en France.


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