Etude

Cybersécurité : Forte satisfaction au travail, mais disparités dans l’accès à la formation

88% des professionnels de la sécurité informatique sont satisfaits de leur travail, d'après la quatrième édition de l'Observatoire des métiers de la cybersécurité menée par l'Anssi et l'Afpa. En revanche, du côté de la formation, de fortes disparités subsistent : seuls 33% ont bénéficié de plus de 5 jours de formation.

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Bonne nouvelle : la grande majorité (88%) des professionnels de la cybersécurité sont satisfaits de leur travail. 86% se disent satisfaits de leur horaire de travail, 73% de la reconnaissance du travail par la hiérarchie et 73% de leur équilibre vie privée-vie professionnelle. 

Ces chiffres sont issus de la quatrième édition de l'Observatoire des métiers de la cybersécurité, coordonnée par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi), la Délégation générale à l’Emploi et à la Formation professionnelle (DGEFP) et l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa). 

Des profils jeunes, masculins et diplômés

L'enquête a été réalisée auprès de 1720 professionnels. 74% d'entre eux détiennent un diplôme de niveau Bac+5 ou plus. La profession reste très largement masculine : 84% d'hommes contre seulement 15% de femmes. Par ailleurs, 54% ont moins de 45 ans. De plus, la fonction est fortement cadrée : 9 professionnels sur 10 sont cadres. 74% bénéficient d'un CDI, un taux bien supérieur à la moyenne nationale. 

L'étude montre une tension forte sur les recrutements. L’analyse de 23 183 offres d’emploi publiées entre juin 2023 et juin 2024 montre une croissance de 49% par rapport à 2019. Le CDI reste la norme dans 77% des cas, tandis que le freelance représente 11% des offres. 

Architecture en cybersécurité, la perle rare

Dans le détail, architecte en cybersécurité est le métier le plus recherché (21% des offres), suivi par consultant en cybersécurité (15%) à égalité avec ingénieur en cybersécurité. Analyse et expert en cybersécurité sont les métiers les moins recherchés actuellement. A noter que le niveau Bac+5 est exigé dans près de la moitié des offres, et un diplôme est explicitement requis dans 66% des cas. 

Sans grande surprise, le marché caché (approches directes, cooptations...) a un rôle central dans le recrutement des talents. Ainsi, 56% des professionnels en structures spécialisées ont été recrutés par cette voie, contre 36% dans les structures non spécialisées. La rareté des profils est telle que 69% des professionnels ont été approchés au moins une fois dans l’année par des recruteurs, dont 44% plus de 11 fois. Ce chiffre grimpe à 80% chez les titulaires d’un diplôme ou d’une certification en cybersécurité

30% n'ont suivi aucun jour de formation

Du côté de la formation, l'enquête montre de fortes disparités. Tandis que 30% n’ont suivi aucun jour de formation l’année passée, seuls 33% ont bénéficié de plus de 5 jours de formation. La veille, les réseaux et l’autoformation restent les principaux vecteurs d’actualisation des compétences.

Bien que globalement satisfaits, les professionnels de la cyber sont 62% à estimer que leur activité est stressante et 57% pointent une charge de travail excessive. Ils sont 46% à déclarer que ce stress a un impact négatif sur leur santé. Malgré les difficultés, 76% des répondants veulent développer leurs compétences dans leur structure actuelle. Seuls 13% envisagent de quitter le domaine de la cybersécurité. 

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