On ne connaît pas le montant exact qui a permis à des investisseurs américains de prendre le contrôle de NSO Group, l'éditeur israélien du logiciel de surveillance Pegasus – mi-octobre, la société parlait de "dizaines de millions de dollars" injectés. Mais on sait désormais que ce changement de pavillon, visant à redorer le blason d'une entreprise dont le produit phare a servi pendant des années à espionner des opposants politiques, des journalistes ou des ONG, sera incarné par un nouveau patron, officialisé le 9 novembre 2025 : David Friedman.
Un proche de l'administration Trump
Cet ancien ambassadeur des Etats-Unis en Israël de 2017 à 2021 est un proche de Donald Trump, dont il a même été l'un des avocats spécialisés par le passé, comme l'a relevé le quotidien américain The Wall Street Journal. S'adressant aux employés désormais sous sa responsabilité, au siège social de l'entreprise à Ramat Hashron, dans le centre d'Israël, il a assuré que NSO Group soutenait divers gouvernements "dans leurs efforts pour lutter contre le terrorisme et les crimes graves", a raconté The Times of Israel.
A ce titre, David Friedman a fait part de son intention de mettre à profit ses relations avec l'administration Trump pour aider à reconstruire l'activité de NSO Group sur le sol américain. "Si l'administration, comme je m'y attends, est disposée à envisager toute opportunité susceptible de renforcer la sécurité des Américains, elle nous considérera", a-t-il déclaré. Le nouveau patron de l'éditeur de logiciels souhaite notamment recruter des agences américaines chargées de l'application de la loi, y compris des forces de police, parmi ses clients.
L'entreprise est toujours sur liste noire aux Etats-Unis
Mais est-ce seulement possible ? Dès 2021, l'administration de Joe Biden avait inscrit NSO Group sur une liste noire d'interdiction d'exportation qui empêchait l'entreprise d'obtenir certains types de technologies provenant des États-Unis. Avant, en 2023, d'interdire par voie de décret aux agences et départements gouvernementaux des Etats-Unis d'utiliser des logiciels espions commerciaux qui "présentent des risques pour la sécurité nationale ou ont été utilisés à mauvais escient par des acteurs étrangers pour permettre des violations des droits humains dans le monde entier".
En vue de sa reconstruction aux Etats-Unis, NSO Group a dépensé ces dernières années plusieurs millions d'euros dans des efforts de lobbying, notamment à Washington, d'après Open Secrets. En mai 2025, le média spécialisé Wired avait même révélé qu'une firme de lobbying possédant des liens étroits avec l'administration américaine avait été engagée par l'entreprise pour obtenir son retrait de la liste noire du département du commerce. "Le NSO Group d'aujourd'hui est une entreprise beaucoup plus prudente dans la manière dont elle concède ses licences technologiques qu'elle ne l'était il y a cinq ou six ans", a tenté de rassurer David Friedman.


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