"La France est dans une phase d’émotion. On l’a bien vu sur nos sites de e-commerce : l’activité a chuté de 20%. On est branché en direct sur l’actualité, on en ressent le pouls : les gens achètent et s'informent sur le même écran, plus personne n’achetait pendant les moments forts, on a observé la chose minute par minute. Le pays entier a suivi ces événements, et chacun a été marqué.
Dans ce contexte, il y a un risque de précipitation dans la légifération. Ce n’est pas très sain de profiter de l’émotion pour faire passer des lois comme ça a été le cas avec le Patriot Act aux Etats-Unis en 2001.
Malgré tout, en tant que président de France Digitale, je me rends compte que nous sommes face à un paradoxe avec internet : on veut que ce soit libertaire, que cela demeure un contre-pouvoir mais d’un autre côté internet devient une arme. Les terroristes utilisent la liberté qu’il offre et sa réactivité. Cela oblige à légiférer.
Nous sommes à un carrefour. Les internautes veulent toujours plus de liberté et ne supportent pas d’être surveillés (que ce soit par les marques ou les politiques d’ailleurs), mais il faut que les magistrats et la police disposent d’outils qui leurs permettent d’aller beaucoup plus vite qu’aujourd’hui. Il ne faut plus que seuls les terroristes bénéficient de la vitesse qu’offre internet. Il faut donc donner aux autorités des outils de réactivité sans pour autant porter atteinte à la démocratie.
C’est très subtil et c’est pour cela qu’il ne faut pas légiférer sous le coup de l’émotion. Il ne faut pas donner à l’administration le pouvoir d’accéder à tout, tout le temps mais il faut lui donner les moyens d’être réactive, d’aller très vite.
Le 'real time marketing' existe bien dans le business, on doit trouver le moyen de faire exister la 'real time police'."
Propos recueillis par Charles Foucault


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