Data4 crée le premier datacenter bio-circulaire en Essonne

Data4 a dévoilé son projet de datacenter bio-circulaire permettant d’utiliser la chaleur fatale pour produire des micro-algues tout en capturant du gaz carbonique.

Data4 Datacenter biocirculaire
Data4 Datacenter biocirculaire

Alors que les initiatives se multiplient afin d’utiliser la chaleur fatale dégagée par le fonctionnement des datacenters, Data4, le spécialiste français des centres de données, a dévoilé mardi 20 mai le concept de premier datacenter bio-circulaire au monde.

Développé sur le campus de Marcoussis (Essonne) de Data4, le projet résulte des travaux de la chaire Innovation ABIOMAS de la Fondation de l’Université Paris Saclay. Il permet d’utiliser la chaleur du datacenter pour cultiver des micro-algues et de capturer du CO2 en reproduisant le processus de photosynthèse naturelle.

"La première mondiale que nous lançons cet après-midi s’appelle la photosynthèse 4.0 et elle va concilier la révolution numérique, la transformation environnementale et l’économie circulaire", s’est félicité Patrick Duvaut, Président de la Fondation de l’Université Paris Saclay.

Un démonstrateur de la taille d’un conteneur

Un premier démonstrateur, représentant un investissement de 200 000 euros, a été implanté sur le toit d’un des 21 centres de données du site de Marcoussis. De la taille d’un conteneur, le module est composé de deux circuits de 16 tubes de six mètres de long disposés de part et d’autre d’un grand bassin. Il est branché sur une source de CO2 en bouteille et alimenté en eau chaude grâce à une dérivation installée en amont d’un des groupes de froid.

Data4 Datacenter biocirculaire

Un système d’échangeurs permet de transférer la chaleur au bain d’algues. Celles-ci circulent ensuite dans les tubes où elles sont exposées à la lumière et consomment du CO2 pour que s’opère la photosynthèse. "A la fin du processus on amène les algues dans un bassin pour de se débarrasser de l’oxygène produite en énorme quantité. On l’évacue en mettant de l’air dans le bassin sous forme de petites bulles et l’oxygène va s’échapper de la culture et se diffuser dans l’atmosphère", a précisé Cecile Deterre, Directrice technique de Blue Planet Ecosystems.

Les algues 20 fois plus efficaces que les arbres

"Pour la capture du CO2 les micro-algues sont vingt fois plus efficaces que les arbres. L’idée c’est qu’en équipant les datacenters on obtiendrait à l’échelle de la France un captage potentiel allant jusqu’à 4000 tonnes par an", a souligné Linda Lescuyer, responsable de l’innovation pour le groupe Data4.

Quant aux algues leur densité double toutes les huit heures et la récolte peut s’effectuer au bout de quelques jours. Ces algues peuvent ensuite être recyclées en biomasse, être utilisée pour les bio-énergies ou encore dans les secteurs de la cosmétique ou l’agro-alimentaire. "Aujourd’hui l’algue vaut 100 euros le kilo et l’objectif c’est de mettre le kilo entre 10 et 20 euros pour gagner de nouveaux marchés", a indiqué Liinda Lescuyer.

L’installation actuelle permet de produire un kilo d’algues par jour mais Data4 prévoit à l’horizon 2027 un second projet estimé à deux millions d’euros et portant sur la réalisation d’un module de 900 mètres carrés, cette fois, en façade d’un datacenter. Il permettra de passer à l’échelle industrielle avec une production de 20 Kg d’algues par jour et capturant quotidiennement 36 kg de CO2. Ce nouveau démonstrateur devrait aussi permettre d’aller au-delà du pourcentage de 20 % de chaleur fatale utilisée.

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