Data centers, quantique, IA… Les géants de la tech investissent massivement dans l’Hexagone

Le sommet “Choose France”, créé en 2018 pour promouvoir l’attractivité de la France et rassemblant 180 chefs de grandes entreprises étrangères, s’ouvre ce lundi à Versailles. Pour cette 7ème édition, 15 milliards d’euros vont être investis à travers 56 projets différents. Microsoft, Amazon, Accenture ou IBM, entre autres, prévoient d’engager des sommes faramineuses dans le développement de data centers, de centres dédiés à l’IA ou encore dans la technologie quantique.

Deuxième datacenter de Telehouse à Magny-le-Hameaux (Yvelines)
Le datacenter de Telehouse à Magny-Les-Hameaux (Île-de-France), dont la première tranche a été inaugurée en octobre. La filiale de l'opérateur télécoms japonais KDDI a annoncé investir un milliard d'euros dans la création de deux nouveaux datacenters, en Île-de-France et dans la région Sud.

“Un record” : à l’occasion du sommet “Choose France”, qui se tient ce lundi à Versailles, l’Élysée a annoncé “plus de 15 milliards d’euros d’investissement” via 56 projets différents. Le sommet a été lancé par Emmanuel Macron en 2018 pour promouvoir les investissements étrangers en France, en mettant en avant les mérites économiques et fiscaux du pays. Pour la 7ème édition, 180 chefs de grandes entreprises étrangères sont réunis.

Un tiers du montant total est investi par Microsoft et Amazon

Les investissements, étalés sur plusieurs années, sont axés sur trois grands domaines : la décarbonation, la santé, et surtout la tech. C’est le cas du géant de l’informatique Microsoft, qui a choisi d’investir 4 milliards d’euros d’ici à 2027 dans le développement de data centers, afin de renforcer ses infrastructures dans le cloud et l’intelligence artificielle. “C’est l’investissement le plus important jamais réalisé en France par Microsoft”, a déclaré Brad Smith, président du groupe. Concrètement, la firme prévoit l’ouverture d’un nouveau site dans le port industriel de Mulhouse (Grand Est), et de développer davantage ses data centers existant à Saint-Denis et aux Ulis (Île-de-France) et près de Marseille (Provence-Alpes-Côte d’Azur).

Amazon a également choisi de dédier une enveloppe d’investissement conséquente pour la France, avec 1,2 milliard d’euros et la création de 3000 emplois, qui s’ajoutent aux 2000 postes déjà annoncés pour 2024. La société américaine compte utiliser cette somme pour renforcer ses infrastructures logistiques de distribution de colis, notamment en Auvergne-Rhône-Alpes, et développer ses datacenters en région parisienne. Amazon Web Services (AWS) dispose actuellement de cinq data centers en Île-de-France (basés à Paris-Saclay, La Courneuve et Vitry-sur-Seine).

Equinix et Telehouse dans les data centers, IBM et IQM dans le quantique

D’autres grandes entreprises se sont positionnées sur la France pour la construction de nouveaux data centers. Le fournisseur américain Equinix prévoit d’investir 630 millions d’euros dans la construction d’un nouveau datacenter. Telehouse, prestataire japonais filiale de l’opérateur télécoms KDDI, mettra un milliard d’euros sur la table. Deux nouveaux datacenters dédiés à l’IA devraient ainsi être créés en Île-de-France et dans la région Sud, impliquant la création d’une centaine d’emplois au total. À noter que NTT, autre opérateur de télécoms japonais, avait annoncé en février l’ouverture prochaine d’un campus de datacenters à Corbeil-Essonnes, sur l’emplacement de l’ancien site d’IBM.

La multinationale de conseil Accenture compte aussi créer une centaine d’emplois, à travers l’ouverture de deux centres de recherche dans l’IA générative, à Sophia-Antipolis et à Paris. Le montant de ces deux opérations n’a pas été communiqué, mais s’inscrit dans le cadre d’un programme d’investissement mondial de 3 milliards d’euros annoncé par la société en juin dernier.

Une partie de ces 15 milliards d’euros concerne l’informatique quantique, avec en premier lieu IBM, qui s’est dit prêt à investir 45 millions d’euros sur plusieurs années dans la création d’un centre de R&D à Paris-Saclay. À la clé, une cinquantaine d’emplois de chercheurs et ingénieurs. La deeptech finlandaise IQM Quantum Computers envisage également la création d’un laboratoire pilote de hardware quantique.

Pas d’engagement vis-à-vis de l’État

Bien que l’initiative ait été introduite par le président de la République, ce forum annuel ne s’apparente nullement à un plan d’investissement. “Ce sont des décisions que les entreprises prennent vis-à-vis d’elles-mêmes, explique Me Étienne Drouard, avocat spécialisé en droit du numérique et des données personnelles chez Hogan Lovells, interrogé par L'Usine Digitale. Elles ne font pas la promesse de donner de l’argent à l’État ou à une entreprise française, mais vont investir dans leurs propres infrastructures.”

D’un point de vue réglementaire, les entreprises développant leurs activités dans l’Hexagone sont toutefois tenues de respecter des clauses fixées par les régulateurs européens dans les contrats, et de mettre en place des standards de sécurité. “Il peut s’agir du chiffrement des données, ou du caractère inaccessible des données pour les salariés faisant de la maintenance de datacenters, souligne Étienne Drouard. Le respect de ces clauses peut être physiquement et informatiquement contrôlé par les régulateurs européens.”

L’année dernière, “Choose France” avait réuni 200 chefs d’entreprise, avec 28 projets pour un montant total d’investissement de 13 milliards d’euros. À cette occasion, Nokia avait annoncé qu’il allait renforcer sa présence en France, en créant plusieurs centaines d’emplois d’ici à 2031, en Bretagne et en région parisienne.

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