En ce début avril, des températures quasi-estivales sont ressenties à Lossiemouth, au nord du Royaume-Uni, sur la même latitude que le sud de la Norvège. C'est ici que se niche la seule base encore ouverte de la Royal Air Force (RAF) en Écosse. Créée en 1939, la base aérienne est devenue navale après la Seconde Guerre mondiale, avant de revenir entre les mains de la Royal Air Force au milieu des années 1960.
Neuf Boeing P-8 Poseidon commandés en 2015
La station RAF de Lossiemouth, où travaillent plus de 2500 personnes, possède de nombreuses missions aériennes, terrestres et maritimes. Quatre escadrons, dont deux sont déployés à Chypre et en Pologne (dans le cadre d'une opération de l'OTAN), sont parés à intervenir à toute heure en cas d'incursion et de menace dans l'espace aérien avec des avions de combat Eurofighter Typhoon. Plusieurs escadrons au sol sont également chargés de protéger les différentes bases aériennes. Mais surtout, la RAF opère depuis ce lieu des missions de patrouille maritime et de lutte anti-sous-marine, à l'aide de neuf Boeing P-8 Poseidon, qui s'apparentent à des Boeing 737 militarisés.
Les P-8 Poseidon ont été commandés par la RAF en 2015, après que le gouvernement britannique eut reconnu certaines lacunes dans l'aviation maritime. Les premiers exemplaires ont été expédiés sur la base en 2020 et le dernier aéronef est arrivé en 2022. “Soyons clairs : notre mission, en tant qu'agents de l'aviation, est de protéger le dispositif de dissuasion nucléaire en mer du Royaume-Uni, explique Peter Armitage, Squadron Leader au Centre d'opérations tactiques des P-8 Poseidon. Nous le faisons en construisant des systèmes maritimes de surface et sous-marins, et en sachant où chacun travaille.”
Plusieurs “dizaines de gigaoctets” traités par mission
Ces appareils sont également capables de se déplacer rapidement sur différentes zones plus lointaines, dans l'Atlantique Nord ou la mer Baltique notamment. “Nous avons des goulots d'étranglement stratégiques, avec les Shetland, l'Islande et le Groenland, poursuit Peter Armitage. Si un sous-marin venant de Russie souhaite pénétrer dans l'Atlantique Nord, il doit les traverser, ce qui nous offre une zone d'influence à explorer pour repérer les sous-marins ou navires de surface.” Les P-8 Poseidon effectuent enfin des missions de recherche et de sauvetage maritimes, et peuvent aller au-delà de la portée normale des opérations en cas d'urgence.

La base aérienne de Lossiemouth a récemment bénéficié d'un grand plan de modernisation de 700 millions de livres sterling (815 millions d'euros). Une rénovation qui passe aussi par son infrastructure de données, compte tenu du caractère particulièrement sensible des données traitées. Mais aussi du volume de données ingérées, qui s'élève à “des dizaines de gigaoctets” pour chaque mission d'un P-8 Poseidon et à “plusieurs pétaoctets” au sein du data center de Lossiemouth.
NetApp travaille depuis plus de dix ans avec la Royal Air Force
Pour ce faire, la Royal Air Force a étendu son partenariat avec l'américain NetApp, qui travaille avec la force aérienne depuis dix ans et avec le ministère britannique de la Défense depuis plus de vingt ans. Le spécialiste de l'infrastructure de données possède de grands clients dans la sécurité et la défense, comme l'OTAN, le ministère américain de la Défense, la Bundeswehr allemande ou encore Thales.
Après des débuts dans le stockage sécurisé, NetApp a progressivement élargi ses services. “Nous avons constaté que les données, leur forme et leur taille changeaient de manière significative, note Piero Gallucci, directeur général Royaume-Uni et Irlande chez NetApp. Nous avons ensuite créé de vastes environnements virtualisés et avons vu plus récemment des organisations migrer vers l'IA. Le besoin d'exploiter pleinement ces données et d'en tirer une valeur accrue ne cesse de croître.”
La société américaine a alors conçu ce qu'elle appelle une “infrastructure de données intelligente”. Cette infrastructure repose sur une plateforme unique, sans silos. “Il est impossible de fournir des applications modernes si l'on supporte les dettes techniques de plusieurs architectures”, appuie Piero Gallucci. L'ensemble comprend également des services de données intégrés et des services cloud centraux conçus pour gérer des fonctionnalités d'orchestration et d'automatisation. “Nombre de nos concurrents peuvent proposer un ou deux volets, mais aucun ne peut les combiner”, assure NetApp.
Des données transférées localement pour plus de sécurité et de fluidité
Dans le cadre de sa collaboration avec la RAF, NetApp déploie dans chacun des neuf P-8 Poseidon des baies de stockage E-Series, permettant d'assimiler toutes les données en vol. Ces dernières peuvent être à la fois issues de caméras, de radars, de capteurs situés sur tout l'appareil, mais aussi des bouées acoustiques, directement larguées en mer.

Les données sont ensuite transférées vers la solution de stockage objet StorageGrid de NetApp. “Il s'agit de stocker les données localement, les données massives provenant de l'avion sous forme non structurée, souligne Toby Milwright, responsable chez Defence Digital, une division du ministère de la Défense chargée des services informatiques pour toute l'armée. La meilleure solution est de ne pas perturber les réseaux et d'envoyer des quantités massives de données.” À noter que la base de Lossiemouth dispose d'une infrastructure secondaire de stockage pour éviter de dépendre d'un seul site.
Un chiffrement de haute sécurité et des contrôles sur l'intégrité des données
Le déploiement des solutions de NetApp dans les avions de reconnaissance maritime de l'armée britannique répond à plusieurs besoins. StorageGrid permet en premier lieu de bénéficier de mécanismes d'authentification robustes. “Nous utilisons le chiffrement 'at rest', conforme aux normes NIST 800, ainsi que le chiffrement TLS des données en transit, ajoute Ewen Litster, ingénieur spécialisé chez NetApp. Nous ne proposons pas de solutions sur mesure, nous n'imposons aucune contrainte pour la flexibilité et la sécurité de nos systèmes.”
La solution permet aussi d'effectuer des contrôles sur l'intégrité des données, en surveillant les données en continu et en recherchant des octets ou canaux qui pourraient être corrompus dans le stockage. “StorageGrid vérifie automatiquement l'intégrité des données stockées ou en transit, détecte toute corruption et la corrige afin de garantir leur exactitude et fiabilité pour l'analyste”, précise Huw Davies, responsable du compte du ministère de la Défense chez NetApp UK.
Les données sont étiquetées pour simplifier le travail des analystes
Des fonctionnalités de réplication des données ont également été mises en place, qui ont lieu automatiquement sur plusieurs nœuds et emplacements. “Nous utilisons une technique de codage par effacement, qui décompose les fragments du stockage objet afin de garantir qu'aucune donnée ne soit isolée”, fait remarquer Huw Davies. Concernant la sécurité des couches réseau, la RAF travaille avec Fortinet.
Enfin, les données sont, au moment de leur importation, étiquetées et catégorisées sous forme de métadonnées. L'objectif : faire gagner du temps aux militaires analystes, afin qu'ils ne se concentrent que sur les données critiques. “Auparavant, les analystes devaient analyser 10 heures de séquences, poursuit Ewen Litster. Désormais, ils peuvent se concentrer sur un créneau précis de 2 ou 5 heures, plus précis. Le réseau n'a pas besoin d'être aussi rapide, car beaucoup moins de données transitent.” La prise de décision par le commandement est ainsi réalisée sur les données les plus précieuses.


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