L'école mathématique française est aussi facteur d'attractivité. Facebook vient en effet d'annoncer avoir choisi, la France pour installer sa troisième équipe de recherche fondamentale en intelligence artificielle, et la seule hors des États-Unis. Six personnes travailleront à Paris pour Facebook artificial intelligence research (Fair), créé il y a 18 mois par… le Français, Yann le Cun. L’équipe abordera des thématiques différentes dont la très prisée analyse d’images (utile par exemple pour automatiser l’indexation des photos ou vidéos publiées par les internautes).
Ce groupe d’une demi-douzaine de chercheurs peut sembler réduit, mais les projets Fair s’étendent sur du très long terme — du moins à l’échelle de Facebook âgé de 11 ans — puisqu’ils dureront entre 5 et 10 ans. De plus, même pour la recherche fondamentale, le numérique joue toujours l’agilité et l’efficacité.
Intel, lui, a repéré la recherche française depuis longtemps. Son nouveau centre de R&D, installé sur le campus technologique Teratec, à Bruyères-le-Châtel (Essonne) sera le huitième dans le pays. Pas de recherche fondamentale pour cet autre californien de renom, mais de la R&D sur le Big Data pour mieux comprendre les usages de ses micro-processeurs. Ce site démarre avec une dizaine de personnes et trois thèmes de recherche : les smart cities, la médecine personnalisée et l’agriculture connectée.
ATTRACTIVITÉ FRANÇAISE VS FUITE DES CERVEAUX ?
Ces laboratoires sont-ils des têtes de pont pour organiser la fuite vers la Californie des cerveaux dont l’écosystème numérique français a lui aussi besoin ? On peut le craindre. Les géants du web en particulier, sont friands des meilleures compétences mondiales et n’hésitent pas à tout mettre en œuvre pour les attirer. Il y a dix ans, Microsoft avait défrayé la chronique en annonçant un centre de recherche commun avec Inria, autour des méthodes formelles et du machine learning. Déjà, en 2005, de nombreuses craintes s’étaient exprimées quant au possible pillage du savoir français.
Mais, signe des temps, aujourd’hui, le ministre de l’Économie en personne se félicite de ces annonces. Le numérique impose la collaboration. Et la reconnaissance de la compétence française par les meilleurs du marché n’est pas un luxe, dans cette période de lutte contre le French Bashing et des opérations de séduction pour faire revenir les talents français dans l'Hexagone.


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