Le secteur dentaire est, depuis des années, à l’avant-garde de l’impression 3D. Et le nouveau produit annoncé mardi 12 novembre 2019 par l’entreprise américaine Formlabs, fondée par d’anciens étudiants du Massachusetts Institute of Technology (MIT), pourrait encore conforter cette position. Form3B est une imprimante 3D capable de répondre à une dizaine d’applications dentaires pour produire des couronnes, des gouttières ou même des appareils dentaires. Une véritable prouesse technique.
UNE TECHNIQUE PEU USITéE
Plutôt que d’exploiter la modélisation par dépôt (FDM), très répandue, l’imprimante Form3B repose sur la stéréolithographie (SLA). Dans la méthode "classique", le matériau chauffe jusqu’à devenir très malléable. Ici, il est question de prototypage sur la base de modèles entièrement numériques. Dès son installation, la machine s'accompagnera d’une formation à destination des professionnels. Une unité dédiée, Formlabs Dental, a vu le jour pour répondre à leurs besoins.
Form3B fonctionne avec de la résine qui, une fois le programme lancé, est solidifiée sous l’effet de rayons ultra-violets. Pour perfectionner sa technologie et consolider son business model, le fabricant américain est allé jusqu’à racheter son principal fournisseur de matières premières : Spectra. Il entend effectuer des "investissements qui seront consacrés à la rénovation des installations de fabrication de produits biocompatibles". Ce rachat lui donne un avantage concurrentiel. A cette heure, la plupart des sociétés d’impression 3D ne produisent pas elles-mêmes les résines… dont elles sont, pourtant, dépendantes.
Des gains de temps et d'argent
Une telle machine présenterait, selon son concepteur, un double avantage. Elle permettrait, d’abord, un gain d’efficacité dans la production des prothèses ou correcteurs. La technique d''impression de ces éléments en 3D serait non seulement plus précise, mais aussi plus rapide que lorsqu’ils sont fabriqués manuellement. L’autre argument est pécuniaire. L’appareil représente un investissement important – deux modèles sont vendus, à 4 699 ou à 5 799 euros –, mais il réduit les coûts sur le long terme, quand la production de prothèses dentaires coûte entre 200 et 1 000 euros en moyenne.
L’impression 3D à des fins médicales suscite de grands espoirs. Cette technique ouvre la porte à une médecine personnalisée, mais aussi à la résolution de problèmes auxquels les scientifiques n’avaient jusqu’ici pas trouvé de réponse. Début septembre, la société de biotechnologies BIOLIFE4D a réussi à imprimer un cœur humain miniature. Si elle parvenait à transformer l’essai et à lui donner sa taille normale, cela constituerait une avancée majeure pour pallier le déficit de donneurs d’organes.


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