L'edtech GoStudent annonce ce vendredi une levée de fonds de 95 millions de dollars. Présente dans 15 pays, dont la France, le Royaume-Uni et l'Autriche où elle est installée depuis son lancement en 2016, la start-up a créé une plateforme de cours particuliers et de soutien scolaire qui met en relation professeurs et élèves. Un secteur prometteur, couplé à des projets de développement ambitieux, qui a intéressé récemment de nombreux investisseurs.
Pour cette levée de fonds, les deux cofondateurs de l'entreprise ont sollicité la Deutsche Bank, Left Lane Capital, DN Capital, Coatue et SoftBank Vision Fund 2. Felix Ohswald, directeur général de GoStudent, indique à L'Usine Digitale que la levée de fonds se fait à la fois en fonds propres et en dette dans une proportion "à peu près égale" dont il ne veut pas préciser les montants exacts.
"Un contenu d'apprentissage généré par l'IA"
En 2021, alors que la start-up avait levé 70 millions de dollars, les objectifs principaux de ses dirigeants étaient la conquête de nouveaux marchés et la modernisation de ses services. Cette fois, Felix Ohswald cite l'intégration de l'intelligence artificielle comme l'un des deux points d'intérêt majeurs. D'après une estimation de l'entreprise, la taille du marché mondial de l'IA dans l'éducation atteindra 10 à 20 milliards de dollars en 2017.
L'intelligence artificielle en question ici servira sur deux plans distincts. D'une part, auprès des employés de GoStudent qui, à travers les services, disposeront d'outils d'intelligence artificielle sur mesure pour améliorer leur productivité et donc la rentabilité de l'entreprise. D'autre part, et c'est sans doute le projet le plus ambitieux de Felix Ohswald et son associé Gregor Müller, l'IA générative servira au processus éducatif en lui-même.
"Nous pouvons fournir aux enseignants des outils qui leur permettent de mieux préparer les cours, noter automatiquement les exercices, avoir un contenu d'apprentissage généré par l'IA et personnalisé pour les enfants", explique le directeur général de l'entreprise autrichienne. En plus de la création d'un générateur de plans de cours capable de faire économiser du temps aux enseignants, GoStudent souhaite à long terme développer via l'intelligence artificielle des professeurs virtuels capables d'enseigner aux élèves de façon personnalisée.
Des campus en préparation
Mais l'éducation ne peut pas être entièrement virtuelle, estime Felix Ohswald. Le deuxième grand projet sur lequel veut se concentrer GoStudent grâce à ses nouveaux fonds consiste en l'hybridation des cours particuliers : d'un côté, des leçons assurées en ligne par les quelque 23 000 professeurs répertoriés sur la plateforme ou, dans le futur, virtuels ; de l'autre, des classes en présentiel dans des infrastructures physiques que la start-up est en train d'imaginer.
L'expérimentation de ce modèle hybride va commencer en Allemagne et en Autriche où des solutions d'apprentissage en ligne et hors ligne seront proposées aux enfants et à leurs parents. Des cours en présentiel en groupe ou via GoVR, la plateforme d'apprentissage des langues en réalité virtuelle de GoStudent, y seront également mis en place dans des espaces physiques. "Il faut penser ces lieux hors ligne comme un centre social où les enfants se rencontrent et apprennent ensemble", commente Felix Ohswald, citant l'exemple de l'université de Harvard, ses cours en ligne mais aussi son campus central.
D'où la nécessité pour la start-up de créer ses propres lieux d'apprentissage. "À l'avenir, nous disposerons d'une infrastructure physique", poursuit son cofondateur. Aucun projet de construction ou d'acquisition de bâtiment existant n'a été acté à ce stade mais Felix Ohswald dit vouloir veiller sur les opportunités qui se présenteront dans des pays importants pour GoStudent comme la France, le Royaume-Uni, l'Italie et l'Espagne.
Quelques mois après un millier de licenciements
L'Allemagne et l'Autriche, où l'entreprise a démarré son activité, restent toutefois ses marchés principaux. Ils affichent "une très bonne rentabilité" et ont clairement été l'atout de GoStudent dans sa quête de nouvelles liquidités auprès d'investisseurs variés, surtout dans un contexte difficile pour les start-up qui cherchent à lever des fonds.
"Le fait de pouvoir montrer que notre marché principal et notre marché le plus mature est clairement rentable nous a permis de convaincre un partenaire comme la Deutsche Bank que nous étions prêts à nous endetter", précise Felix Ohswald. Et ce malgré un réajustement de croissance opéré l'an dernier, l'arrêt de "marchés qui ne fonctionnaient pas aussi bien que d'autres" et le licenciement de la moitié de ses effectifs soit un millier de salariés.
Avec leur nouvelle levée de fonds, les cadres de GoStudent rêvent à nouveau d'une croissance sans limite. Et prédisent, avec l'essor de l'intelligence artificielle générative, de profonds changements dans le monde de l'edtech mais également dans celui de l'éducation traditionnelle.


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