French Tech : OpenClassrooms se sépare d'une cinquantaine de salariés

La plateforme de formation en ligne a engagé son deuxième plan de départs volontaires en deux ans. Entre 50 et 60 salariés devraient quitter la start-up, soit 18 à 21% des effectifs.

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Coup dur pour OpenClassrooms. La start-up française, spécialisée dans la mise en place de parcours de formation et de reconversion en ligne, a de nouveau entrepris un plan de départs volontaires, d'après La Tribune. Cette procédure concerne 50 à 60 salariés sur les 280 que compte la jeune pousse, soit 18 à 21% des effectifs.

Un premier plan sur un quart des effectifs en 2023

OpenClassrooms précise avoir signé une rupture conventionnelle collective (RCC) en janvier et ajoute que les départs s'étaleront jusqu'à cet été. Créée en 2017, la RCC permet à une entreprise de supprimer des postes sur la base du volontariat, à condition d'obtenir un accord collectif majoritaire et une homologation auprès de la Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (Dreets). Ce mécanisme, qui évite de recourir à un PSE plus classique, a été jusqu'à présent largement utilisé par les start-up, comme Welcome To The Jungle en début d'année ou PayFit en 2023.

L'edtech avait déjà procédé à un plan de départs volontaires en avril 2023, concernant un quart des effectifs. Pierre Dubuc, directeur général et cofondateur d'OpenClassrooms, évoquait alors sur LinkedIn des “derniers mois difficiles”, après une bonne croissance et de nombreux recrutements durant la pandémie de Covid-19. “Entre le retour à la normale post-Covid et le fléchissement de la croissance en 2022, OpenClassrooms comme l’ensemble des entreprises de l’edtech a dû s’adapter à une situation nouvelle”, précisait-il.

Une sérieuse baisse des contrats d'apprentissage

Ce nouveau plan de départs s'explique, d'après la jeune pousse, par un contexte économique compliqué à l'échelle de l'edtech tricolore. Avec, en premier lieu, une baisse du nombre d'apprentis : d'après la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), seuls 23 400 contrats d'apprentissage ont été signés en janvier 2025, représentant une baisse de 14% par rapport à début 2024.

La start-up risque aussi de faire les frais de la réforme du financement de l'apprentissage, qui entrera en vigueur le 1er juillet. À compter de cette date, toute entreprise recrutant un apprenti de niveau bac +3 à +5 devra contribuer à hauteur de 750 euros. Une décote de 20% de l'indicateur sur l'aide financière accordée à l'employeur (NPEC) sera également appliquée pour les formations comprenant plus de 80% de distanciel.

15 000 apprenants accompagnés par an

Fondée en 2013, OpenClassrooms propose plus de 600 cours en ligne en accès libre et 50 parcours de formation diplômants payants dans des domaines variés allant du développement à la cybersécurité en passant par l'analyse de données. La start-up revendique l'accompagnement de 15 000 apprenants chaque année. Elle avait récolté 80 millions de dollars en 2021 lors d'un tour de table soutenu, entre autres, par Salesforce Ventures et l'Initiative Chan Zuckerberg.

OpenClassrooms n'est pas la seule edtech à connaître de telles difficultés. L'école de formation aux métiers du numérique Wild Code School a été placée en redressement judiciaire le mois dernier. D'après L'Informé, Simplon et Galileo auraient manifesté leur intérêt pour la reprise.

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