Tribune

IA, jumeaux numériques, edge computing : pourquoi l’industrie a besoin d'infrastructures locales puissantes ?

Le boom de l'IA générative s'appuie essentiellement sur les grands fournisseurs de cloud comme Microsoft, Google ou Amazon. Et ces derniers dépensent des milliards pour construire toujours plus d'infrastructures afin de répondre à la croissance des usages. Mais pour une entreprise, se reposer intégralement sur le cloud est tout sauf idéal. Disposer de ses propres ressources peut faire toute la différence, comme l'expose cette tribune de Youssef Nadiri, responsable Smart cities & Spaces chez PNY Technologies.

PNY (ne pas réutiliser)
PNY (ne pas réutiliser)

L’accélération de l’intelligence artificielle (IA) dans l’industrie repose sur des infrastructures matérielles et logicielles adaptées, capables de soutenir des charges de calcul massives, en local, en temps-réel et avec une fiabilité absolue. Dans ce contexte, le modèle centralisé du cloud, bien qu’omniprésent, montre ses limites et ne peut répondre seul aux exigences opérationnelles et réglementaires de l’industrie. C’est la raison pour laquelle les infrastructures locales reviennent au centre des stratégies de déploiement de l’IA industrielle.

Latence, confidentialité, souveraineté : des critères structurants

L’IA est intégrée de façon pouvant être qualifiée de quasi naturelle aux processus industriels. Lorsqu’il s’agit de contrôle qualité assisté par vision, de robotique intelligente ou de maintenance prédictive, une latence trop importante peut compromettre la précision des décisions automatisées, voire engendrer des risques opérationnels.

Au-delà des aspects techniques, les contraintes réglementaires strictes en matière de sécurité et de confidentialité imposent aux industriels de garder un contrôle total sur leurs flux de données. Dans des secteurs stratégiques tels que la santé, la défense ou l’énergie, l’externalisation des données vers des clouds publics — souvent soumis à des juridictions extraterritoriales — n’est pas envisageable. Les infrastructures locales permettent de conserver la maîtrise complète des flux de données tout en garantissant la conformité avec les normes locales de sécurité.

Jumeaux numériques : la convergence entre simulation, IA et edge computing

L’essor des jumeaux numériques illustre parfaitement cette exigence de puissance locale. Une enquête McKinsey a montré que 86% des dirigeants industriels voient une application concrète en l’implémentation des jumeaux numériques au sein de leur organisation, près de la moitié en auraient déjà amorcé la mise en place. Ces environnements virtuels permettent de simuler des chaînes de production, de prédire des pannes ou encore d’optimiser la maintenance de systèmes complexes. 

Mais cette révolution structurelle n’est possible que grâce à des infrastructures locales hautes performances qui permettent d’assurer une cohérence en temps réel, tout en limitant les risques liés à l’externalisation du traitement. Afin de garantir la fluidité entre simulation et réalité, le traitement doit se faire là où les données sont générées : en edge ou dans des datacenters sur site, proches de la production.

Une architecture hybride : data center local, edge et IA distribuée

L’IA industrielle évolue désormais vers des architectures hybrides, qui combinent datacenters locaux, edge computing et IA distribuée. Cette convergence entre edge computing, datacenters locaux et IA distribuée permet un traitement intelligent, sécurisé et en temps réel des données industrielles.

Face à l’évolution des besoins industriels en termes de flexibilité, de réactivité et de souveraineté, les infrastructures doivent devenir plus intelligentes et en mesures d’évoluer rapidement. Les entreprises dépendent d’un écosystème capable de gérer les calculs, de s’intégrer aux environnements open sources et adapté aux contraintes propres à chaque site industriel.

Maîtriser l’infrastructure pour maîtriser l’IA

Alors que le cloud public a longtemps été présenté comme la solution idéale pour l’exécution de modèles d’IA, il présente des limites, notamment pour les applications industrielles critiques. Les architectures hybrides combinant datacenters locaux, edge computing et IA distribuée permettent au contraire de traiter les données en temps réel et d’en maîtriser les flux.

L’edge computing joue un rôle clé en permettant aux entreprises de traiter les données là où elles sont générées, leur permettant ainsi d’optimiser les ressources et de réduire la dépendance aux solutions centralisées. Ces technologies sont massivement adoptées afin de favoriser l’accélération des charges de travail d’IA.

En effet, selon une étude d'IDC sponsorisée par NVIDIA, les entreprises investissent dans des serveurs accélérés par GPU pour répondre aux exigences croissantes de l'IA. Les investissements mondiaux dans les serveurs basés sur GPU sont passés de 6,9 milliards de dollars en 2020 à 10,3 milliards de dollars en 2022. L’enjeu pour les industriels est désormais de bâtir des infrastructures capables d’exploiter pleinement le potentiel de l’IA, tout en garantissant un contrôle total sur leurs données et leurs processus.

Construire les fondations d’une IA souveraine, évolutive et résiliente

Le futur de l’IA tel qu’il se dessine aujourd’hui ne sera ni totalement cloud, ni totalement on-premise. Il sera hybride et capable de combiner la puissance des datacenters locaux à la proximité du edge et l’agilité du cloud. Il devient essentiel pour les industriels les plus avancés de pouvoir compter sur des partenaires technologiques de confiance.

Ces derniers leur apportent ainsi expertise logicielle et connaissance des environnements industriels, pour leur proposer des architectures adaptées à de nombreux scénarios : datacenters traditionnels, micro-centres en edge-computing ou encore infrastructures modulaires embarquées. Les industriels obtiennent ainsi un soutien stratégique et adapté à leurs exigences en termes de flexibilité, de sécurité et de montée en charge.

Youssef Nadiri, responsable Smart cities & Spaces chez PNY Technologies

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