Intelligence artificielle : Soutien aux start-up, formations, grands contrats... L'opération séduction de Microsoft en France

Opération séduction pour Microsoft France ce 4 novembre : des noms de grandes entreprises du CAC40 figurent parmi les utilisateurs de ses services d'IA – comprendre Copilot – tandis que les candidatures sont lancées pour la troisième promotion de son programme d'accélération de start-up. Le géant américain n'oublie pas de rassurer sur son engagement en matière de formation des Français à l'IA, assurant être en bonne voie pour parvenir à son objectif d'un million de personnes formées à l'IA en France d'ici 2027.

Microsoft étude adoption de l'IA
Microsoft étude adoption de l'IA

Outre-Atlantique, Microsoft multiplie les annonces dans le domaine de l'intelligence artificielle, les data centers, le cloud et les services de transformation numérique. En France, l'acteur se fait plus discret. Une fois n'est pas coutume, le géant nous ouvrait ses portes ce 4 novembre pour revenir sur l'un de ses derniers rapports sur l'IA, publiée par l'AI Economy Institute de Microsoft concernant la diffusion de l'IA dans le monde - notamment en Europe -, mais aussi sur ses engagements dans l'Hexagone, son soutien à l'apprentissage de l'IA et au développement de start-up.

Revenant sur l'étude faite en interne, Corine de Bilbao, présidente de Microsoft France, affirme que "la France est bien placée dans l'adoption de cette technologie : en cinquième position au niveau européen et en neuvième position au niveau mondial". Plus précisément, en termes d'utilisation par la population, 40,9% des Français aujourd'hui utilisent la générative dans leur quotidien pour différentes tâches.

"C'est une très bonne nouvelle, cela démontre finalement que nous sommes plutôt en avance". Certes, en avance, mais tout de même derrière la Norvège (45,3%) et l'Irlande (41,7%) en Europe. Curieusement, le pays se positionne devant les Etats-Unis qui culminent à un peu plus de 26%.

La France a son champion national : Mistral AI

Pour Corine de Bilbao, la France a un autre atout : elle fait partie des 7 pays qui ont développé des LLM, "avec bien évidemment notre champion national, Mistral, qui, au même titre qu'OpenAI, fait partie des modèles qui sont natifs dans notre cloud Azure AI", se félicite-t-elle.

Enfin, dernier point évoqué : la capacité des data centers qui montre le niveau de développement digital d'un pays. "Dans l'UE, nous sommes à 1,7 gigawatts. Derrière les Etats-Unis et la Chine, mais devant le Royaume-Uni, le Japon et l'Australie. Les capacités de data centers se développent à grande vitesse", assure la dirigeante.

Qui sont les entreprises clientes en France ?

Mais concrètement qu'en est-il de l'adoption de l'IA dans l'Hexagone ? Qui sont les utilisateurs ? Tandis que Corine de Bilbao s'attache à présenter quelques noms bien connus du grand public, discrètement, défilent les noms des entreprises qui ont adopté les services du géant ces derniers temps avec, à chaque fois, un chiffre marquant sur leurs usages. TotalEnergies, par exemple, utilise aujourd'hui 30 000 licences Copilot pour ses employés. "Cela leur permet non seulement de travailler sur la productivité individuelle et de libérer du temps pour des tâches plus créatives, mais aussi de pouvoir créer des agents – une trentaine à date dans des fonctions telles que les achats et la maintenance".

Bien sûr, TotalEnergies n'est pas le seul. Il y a Danone et ses 50 000 salariés équipés de M365 Copilot, les utilisateurs professionnels de Doctolib qui mettent désormais 15 secondes pour résumer une consultation, Generali avec 1,3 million d'auto-appels résolus grâce à Copilot notamment, La Poste qui a multiplié par 10 le nombre d'utilisateurs M365 Copilot en 2024, la moitié des employés de Pierre Fabre qui utilisent l'IA au quotidien, la région Sud qui vérifie 30 000 documents par an à l'aide de l'IA, Schneider Electric qui relève une baisse de 40% des coupures de réseau contre une hausse de 60% de la vitesse de déploiement avec les outils Microsoft.

La liste est longue, certes, mais les cas se ressemblent : améliorer la productivité, réduire le temps passé sur des tâches répétitives et sans valeur ajoutée et automatiser autant d'opérations que possible.

La formation en France, facteur clé pour faire grimper l'adoption

"L'autre sujet qui montre que, finalement, la France se lance dans la bataille de l'IA, c'est l'accent qui est mis sur les compétences", indique la présidente de Microsoft France. Evoquant le plan national "Osez l'IA" lancé en juillet dernier par le cabinet de Clara Chappaz, alors ministre déléguée chargée de l'Intelligence Artificielle et du Numérique, elle revient au travail de la firme en la matière : "En ce qui nous concerne, nous avons lancé un plan sur l'IA générative lors de Choose France pour former un million de personnes à l'IA générative".

Mêlant à la fois des dispositifs comme sur LinkedIn où il existe 200 modules de formation gratuits et des partenariats avec des acteurs tels que France Travail, Microsoft espère former 1 million de Français à l'IA d'ici 2027. 700 000 Français ont démarré un parcours de formation et 250 000 en ont terminé un à date. Par ailleurs, 7 000 femmes en France ont été formées aux fondamentaux de l’IA grâce à son programme GenIAles lancé en partenariat avec Simplon.

Les start-up, petites protégées de Microsoft

Le travail de lobbying de la firme de Redmond ne s'arrête pas là. Elle touche aussi les plus jeunes entreprises, communément appelées start-up, grandes favorites des Big Tech. Avec pour objectif d'accompagner 2 500 start-up françaises grâce à l’IA d’ici 2027, Microsoft - via son programme GenAI Studio - a déjà aidé plus de 1000 d'entre elles. Ces jeunes pousses ont levé plus de 65 millions d'euros au total.

Un appel à candidature est d'ailleurs lancé ce jour pour la troisième promotion du Microsoft GenAI Studio : au programme, 4 mois d’accélération à partir du 5 janvier. Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 3 décembres. A l'issue d'une sélection, 15 start-up intègreront le programme et bénéficieront d'un espace pour échanger - Station F - ainsi que d'expertises techniques données par des équipes de Microsoft ainsi que de Nvidia, partenaire clé de l'initiative.

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