Studio Ghibli, Bandai Namco, Square Enix... Les entreprises japonaises disent stop à Sora d'OpenAI

Membres de l'association professionnelle japonaise Content Overseas Distribution Association, elles ont adressé à la start-up d'IA une requête écrite concernant son modèle de génération de vidéos Sora 2, qui alimente le réseau social du même nom et qui utilise des œuvres protégées par le copyright.

OpenAI Sora 2
OpenAI Sora 2

OpenAI devra désormais se tenir à carreaux. Lundi 27 octobre, la start-up américaine spécialisée dans l'intelligence artificielle (IA) générative et à l'origine de ChatGPT a reçu un courrier au ton courroucé de la part d'une association professionnelle japonaise, comme l'a relevé le média spécialisé Gizmodo, dimanche 2 novembre. Il s'agit de la Content Overseas Distribution Association (CODA), qui milite pour la distribution internationale des contenus nippons et contre leur utilisation illicite, au nom de poids lourds des industries créatives et culturelles : le studio d'animation Ghibli, les éditeurs de jeu vidéo Bandai Namco et Square Enix, Universal Music Japan...

Cela "peut constituer une violation du copyright"

Qu'OpenAI ait provoqué la colère de cette puissante entité n'a rien d'anodin. Au fleuron de l'IA, la CODA reproche la sortie, le 1er octobre, de son dernier modèle de génération de vidéos, Sora 2, lequel alimente un réseau social nommé Sora. Surtout, elle déplore la propension de ces derniers à utiliser des œuvres protégées par le copyright. "Une grande partie du contenu produit par Sora 2 ressemble fortement à du contenu ou à des images japonais, affirme l'association dans sa lettre. La CODA a déterminé que cela résulte de l'utilisation de contenu japonais comme données d'apprentissage automatique."

Et de poursuivre : "Dans les cas où, comme avec Sora 2, des œuvres spécifiques protégées par le droit d'auteur sont reproduites ou générées de manière similaire, la CODA considère que l'acte de reproduction pendant le processus d'apprentissage automatique peut constituer une violation du copyright."

L'association professionnelle dénonce aussi la politique en matière de copyright adoptée par la société de Sam Altman, début octobre. Comme l'avait révélé le Wall Street Journal, elle autorisait par défaut Sora 2 à créer des contenus à partir d'œuvres protégées par le copyright, à moins que les ayants droit n'aient demandé à ce qu'elles soient épargnées, considérant donc qu'une absence de refus valait un accord. OpenAI était revenu sur sa décision, trois jours plus tard, mais le mal était déjà fait et de nombreuses vidéos générées par IA et publiées sur son réseau social l'ont été parce que la société a délibérément choisi d'ignorer la réglementation en vigueur.

Des demandes formelles

Sur la base de ses constats, la Content Overseas Distribution Association formule deux demandes auprès d'OpenAI. Premièrement, "que le contenu de ses membres ne soit pas utilisé à des fins d'apprentissage automatique sans leur autorisation" dans le cadre de Sora 2. Et deuxièmement, "qu'OpenAI réponde sincèrement aux réclamations et demandes de renseignements des entreprises membres de la CODA concernant les violations de droits d'auteur liées aux résultats de Sora 2". Ces dernières se réservent le droit d'entamer des poursuites judiciaires en cas d'infractions répétées.

Pour l'heure, OpenAI n'a pas formulé de réponse publique à l'association. Mais l'entreprise de Sam Altman, consciente du problème, n'en est pas à son premier avertissement japonais. Le gouvernement nippon lui avait formellement demandé, à la mi-octobre, d'arrêter de porter atteinte aux droits de propriété intellectuelle japonais avec Sora 2. Six mois plus tôt, une tendance sur les réseaux sociaux consistant à demander à ChatGPT de styliser des photos façon Studio Ghibli avait aussi provoqué l'ire de nombreux défenseurs de l'identité culturelle japonaise.

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