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L’industrie X.0 : les 6 piliers de ce nouveau paradigme

Au fil des décennies, l’industrie a connu des bouleversements profonds, se remodelant régulièrement au gré des innovations. Aujourd’hui, il est question d’industrie 4.0. Mais Max Blanchet, directeur exécutif d’Accenture Strategy, voit plus loin et dessine déjà les contours de l’industrie X.0. Il s’agit, selon lui, d’une « révolution d’entreprise, et non d’une simple évolution ». 

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L’industrie X.0 est une terminologie qui découle de l’industrie 4.0 née en Allemagne, et plus précisément lors de la Foire de Hanovre, en 2011. Impactée par la crise de 2009, où son volume de production a considérablement chuté, l’Allemagne a pris conscience qu’il fallait moderniser son industrie, mais aussi la rendre plus flexible. Elle s’est alors dirigée vers une nouvelle façon de fabriquer, basée sur les nouvelles technologies. « Machine to machine », interconnectivité, Internet des objets : les premières réflexions sur la digitalisation de l’industrie commencent à se mettre en place. Max Blanchet, directeur exécutif d’Accenture Strategy, revient sur ce changement de paradigme : suite logique de la 4.0, l’industrie X.0 généralise ce concept à l’ensemble de la chaîne de valeur – du design jusqu’au développement de services connectés – ; c’est donc une révolution d’entreprise globale.

En quoi l’industrie X.0 est-elle une révolution ?

Il s’agit d’une révolution industrielle, initiée par plusieurs ruptures technologiques qui, combinées entre elles, offrent quelque chose d’inédit. Si l’industrie 1.0 correspond à la création de la première usine, l’industrie 2.0 marque l’introduction de l’électricité en remplacement de la vapeur dans le fonctionnement des machines. La 3.0 est l’avènement de la tout-automatisation et de la robotique

et la 4.0, celui du digital. Le big data et l’analytique, l’interconnectivité et les nouvelles technologies d’automatisation ont permis la création de l’industrie 4.0. L’industrie X.0 généralise ce concept en connectant l’ensemble de la chaîne de valeur, c’est-à-dire la digitalisation de l’engineering et la supply chain, la fabrication et les services, au travers d’une continuité digitale offrant une forte efficacité et flexibilité. Également, les produits et services sont connectés et fortement personnalisés, focalisés sur l’usage et l’utilisateur. La blockchain et l’intelligence artificielle seront aussi une caractéristique de l’industrie X.0. Il s’agit d’une révolution pour les entreprises, qui devront piloter une double transformation : d’une part digitaliser l’ensemble de la chaîne pour la rendre plus efficace et flexible, ceci dans le système industriel actuel, ce qui n’est pas simple ; d’autre part, avec la valeur ainsi créée, investir dans des nouveaux produits et services davantage personnalisés. Les grandes entreprises ont donc une longue route pour se transformer et atteindre la maturité du X.0. Or, elles sont déjà en concurrence avec certaines entreprises qui ont déjà atteint ce stade : ce sont celles qui sont nées dans le digital, les digital natives. C’est le cas par exemple du constructeur automobile Local Motors, qui raccourcit de manière spectaculaire les délais de fabrication d’une voiture, en s’appuyant sur une communauté de consommateurs connectés tout en étant capable de répondre à leurs besoins spécifiques. Il leur suffit d’exprimer leurs attentes, Local Motors développe la voiture en six mois, grâce à des éléments imprimés en 3D et des éléments pré-standardisés et modulaires. L’ensemble est ensuite livré dans un atelier local chargé de l’assemblage. Flotte de véhicules pour la police ou pour des livreurs de pizzas : les applications peuvent être très différentes.

C’est donc le modèle même de l’usine qui est bouleversé ?

En effet, avec le X.0, il ne s’agit plus uniquement de modèles d’usines, mais de modèles d’entreprises, fondés sur six principes. Le premier est d’avoir une offre plus customisée, confectionnée pour les besoins du client. C’est un nouveau modèle de revenus, qui nécessite ce deuxième principe : replacer le client au cœur du business et de l’organisation. Les attentes des clients vont désormais évoluer beaucoup plus vite qu’auparavant. Pour y faire face, les entreprises doivent être en mesure de détecter les signaux faibles (observés chez les clients, sur le marché ou autre) et de remonter ces informations pour anticiper les changements dans les comportements clients. Elles doivent aussi être capables d’innover beaucoup plus rapidement, pour proposer une adaptation de l’offre, grâce à des digital services factory ou des start-up factory, sortes d’incubateurs qui multiplient les innovations. Enfin, elles doivent adopter une organisation agile.

Comment être en mesure de s’adapter aussi efficacement à la demande ?

C’est le 3e principe de l’industrie X.0 : posséder une plateforme opérationnelle standardisée et flexible, pour délivrer de manière efficace et développer plus rapidement, grâce notamment à une usine interconnectée. L’objectif est de pouvoir changer de produit rapidement. C’est ce que propose d’ailleurs la Speed Factory d’Adidas. Jusqu’à présent, la confection de baskets était uniquement assurée dans des pays à bas coûts. Si la marque veut lancer une nouvelle chaussure, entre la prise de décision et l’arrivée de la chaussure, il peut s’écouler près de huit mois. Adidas a donc inventé une usine entièrement automatisée, se basant sur l’impression 3D. Et elle tient dans un camion. Le délai de conception, fabrication, distribution est alors raccourci à 40 jours. Située près des marchés, cette usine sera donc plus petite, mais aussi plus flexible. Avec cette capacité de réaction, facilement adaptable aux marchés et donc aux demandes des consommateurs, le coût de revient total est équivalent à celui des chaussures fabriquées en Asie.

Le 4e élément de ce modèle est d’avoir un écosystème « liquide », adaptable et agile, d’expertises et de compétences, c’est-à-dire accessible grâce au digital.

Autre élément : favoriser l’économie circulaire (traçabilité end-to-end du début à la fin de la chaîne, démarche de co-production avec d’autres entreprises…). L’objectif est d’être plus économe dans l’usage de ses actifs. Cela permet d’engager moins de capital et donc d’améliorer le retour sur capitaux engagés. C’est le 5e principe.

Dernier principe, il faut conserver une approche ouverte et créer des partenariats dans différents domaines. Enfin, de manière générale, la culture d’entreprise deviendra également une arme primordiale pour attirer les talents, grâce auxquels l’entreprise sera toujours plus innovante.

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