L'UE instaure le contrôle biométrique aux frontières pour les non-européens

Les ressortissants extra-européens séjournant moins de trois mois dans l'UE devront désormais se soumettre à des contrôles biométriques en entrant et en sortant de l'espace Schengen. Le processus d'enregistrement, appelé Entry Exit System (EES), sera progressivement déployé dans les aéroports, ports et grandes gares de l'Hexagone.

Passeport électronique
Passeport électronique

Le système numérique d'enregistrement biométrique aux frontières Entry Exit System (EES) pour l'entrée et la sortie de l'espace Schengen est entré en vigueur le 12 octobre. Il vise à remplacer le tampon manuel sur le passeport et devrait permettre de contrôler l'intégralité des entrées sur le territoire d'ici au 10 avril 2026.

Concrètement, tout ressortissant de pays ne faisant pas partie de l'espace Schengen – c'est-à-dire d'États membres de l'UE (sauf de l'Irlande et Chypre) ainsi que de l'Islande, du Lichtenstein, de la Norvège et de la Suisse – devra enregistrer ses empreintes digitales et une photo de son visage depuis une borne avant de passer les frontières européennes. Cette obligation ne s'applique que pour les ressortissants effectuant un séjour de moins de trois mois sur une période de six mois, qu'ils soient soumis ou non à une obligation de visa.

Des données conservées trois à cinq ans

L'objectif principal de ce système et de rendre les vérifications d'identité aux frontières plus fiables et de mieux contrôler les situations irrégulières. L'ensemble des données (informations présentes sur le passeport, liées au franchissement de la frontière et biométriques) seront conservées pendant trois ans à compter du dernier franchissement de frontière.

“En l’absence d’enregistrement de sortie au-delà de la durée autorisé du séjour, ce qui signifie que l’individu est désormais en situation irrégulière en se maintenant sur le territoire, les données sont conservées pendant cinq ans à compter de la date d’expiration du séjour autorisé”, précise le ministère de l'Intérieur. Les données seront stockées dans un serveur à Tallinn (Estonie), connecté aux services de police des 29 pays.

Une mise en place progressive, des files d'attente à prévoir

Compte tenu du nombre conséquent d'installations à mettre en place (plus de 10 000 dans les aéroports), le déploiement sera progressif. Certains syndicats craignent un allongement des files d'attente, en particulier en raison de la vérification manuelle des agents lors du premier passage via le nouveau système. Plus de 300 “kiosques de pré-enregistrement” ont déjà été installés par Thales dans les aéroports parisiens d'Orly et de Roissy-Charles de Gaulle. Le groupe promettait alors une vérification des données biométriques, une saisie des données biométriques et le remplissage d'un questionnaire en moins d'une minute.

En France, le système EES doit être déployé sur 120 sites, majoritairement des ports et aéroports mais aussi des gares internationales. L'entrée en vigueur d'un tel dispositif intervient après plusieurs reports : initialement programmé en 2022, il avait notamment été repoussé après les Jeux Olympiques de Paris 2024.

Vers une autorisation payante basée sur le modèle de l'ESTA

Ce système d'enregistrement biométrique pour les citoyens non-européens pourrait bientôt être assorti d'une autorisation numérique payante de voyage, appelée ETIAS. Calquée sur le modèle de l'ESTA américain ou de l'ETA britannique – entrée en vigueur le 2 avril, cette autorisation devrait voir le jour au dernier trimestre 2026.

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