Les entreprises privées n'auront pas l'apanage de l'intelligence artificielle générative. C'est en tout cas ce en quoi croit Stanislas Guérini, ministre de la transformation et de la fonction publiques, qui a annoncé jeudi 5 octobre le lancement d'une expérimentation d'"un ChatGPT du service public", comme le rapporte le média Acteurs publics.
"1 000 agents volontaires vont être équipés d'un outil utilisant l'IA pour les accompagner dans la rédaction des réponses en ligne aux usagers", a précisé le membre du gouvernement sur le réseau social X (anciennement Twitter). Cette mise à l'essai fait partie d'une stratégie plus vaste : 2 millions d'euros sont alloués au soutien de projets en lien avec l'intelligence artificielle.
Un système basé sur Claude
L'incursion de l'Etat dans l'IA générative avait été promise dès le mois de mai par un Stanislas Guérini conscient du potentiel immense que peuvent représenter les innovations d'OpenAI ou de Meta. Pour sa première expérimentation, le ministre a fait appel à la start-up américaine Anthropic et à son grand modèle de langage (LLM) Claude qui alimente le nouvel outil des fonctionnaires.
Celui-ci permettra, grâce à un bouton "Générer réponse (IA)" intégré à la plateforme Service-public.fr, de créer des réponses automatisées en fonction des demandes et des avis laissés par les Français. Ces textes devront ensuite être relus et modifiés par les agents humains avant d'être envoyés aux requérants. "Grâce à la numérisation, les agents pourront consacrer plus de temps au contact humain", commente le ministre.
Une solution souveraine prochainement
Dans le même temps, Stanislas Guérini dit travailler au développement d'un "modèle souverain en interne" qui ne soit plus le LLM d'une entreprise américaine. Auprès de BFMTV, il a en effet affirmé sa volonté de développer un programme "libre" pour l'instant baptisé "Albert", encadré par la Direction interministérielle du numérique.
Les fonctionnaires français seront également plus nombreux à travailler et à être formés sur le sujet de l'intelligence artificielle générative. Une accélération qui participera au "chantier de réarmement de la filière numérique de l'Etat" annoncé par le ministre, un plan au sein duquel doivent être ouverts 500 postes dans les métiers du numérique.


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