Musique : Après Universal, au tour de Warner de pactiser avec la start-up d'intelligence artificielle Udio

Les deux leaders de l'industrie musicale avaient pourtant poursuivi en justice Udio en juin 2024. La jeune entreprise américaine prévoit désormais le lancement d'un service par abonnement permettant aux internautes de générer des morceaux sur la base d'œuvres dont les artistes devront avoir accepté la réutilisation, en l'échange d'une rémunération et d'un crédit.

vinyle disque musique ambiance
vinyle disque musique ambiance

Dans le secteur agité de l'intelligence artificielle (IA) générative, les rivaux d'hier sont les alliés de demain. Mercredi 19 novembre, le label de musiquer Warner a annoncé avoir conclu "un accord historique" avec la start-up d'IA Udio, qu'il avait pourtant poursuivi en justice un an plus tôt, l'accusant d'avoir enfreint le copyright au moment d'entraîner ses modèles consacrés à la création automatisée de morceaux. Le major rejoint à ce titre son concurrent Universal, qui a fait une annonce similaire avec Udio, le 29 octobre.

"La technologie amplifie la créativité"

Ce nouveau partenariat "met fin au litige entre les deux sociétés", a expliqué Warner Music Group dans son communiqué de presse. Surtout, il prévoit le lancement en 2026 d'un service de création musicale par IA sous licence développé par Udio. "Grâce à cette collaboration, Udio développera une plateforme de création, d'écoute et de découverte musicale de nouvelle génération, alimentée par des modèles d'IA générative formés à partir de musique sous licence et autorisée", poursuit l'entreprise américaine.

Concrètement, ce service auquel devront s'abonner les internautes leur permettra de "réaliser des remix, des reprises et de nouvelles chansons", et ce en utilisant les voix d'artistes et les musiques de compositeurs ayant accepté au préalable ce type de réutilisation de leurs œuvres. Ces artistes seront "crédités et rémunérés", promettent Warner et Udio. Andrew Sanchez, patron de la start-up, a salué "une étape cruciale vers la concrétisation d'un avenir dans lequel la technologie amplifie la créativité".

Des protestations contre l'IA dans la musique

Reste à voir comment les artistes seront rémunérés et combien accepteront de voir le fruit de leur travail détournés par des internautes à l'aide d'outils d'intelligence artificielle qui restent très critiqués. Au Royaume-Uni, plus d'un millier de musiciens ont lancé cette année un album collectif et silencieux nommé Is This What We Want? ("est-ce ce que nous voulons ?" en français), afin de protester contre un changement juridique de la loi sur le copyright favorable aux entreprises spécialisées dans l'IA générative.

Une chose est sûre : les majors, eux, ont fait leur choix. Au sein du trio de tête de l'industrie musicale, seul Sony n'a pas encore annoncé de partenariat avec une start-up d'IA. En plus d'avoir pactisé avec Udio, Warner Music Group a annoncé un partenariat distinct avec la jeune pousse britannique Stability AI, principalement connue pour son modèle Stable Diffusion. Leur entente vise développer des outils permettant aux artistes "d'expérimenter, de composer et de produire à l'aide de modèles [d'IA] formés de manière éthique".

Newsletter L'Usine Digitale
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.