Alors que le secteur de l'intelligence artificielle (IA) s'interroge sur les finances d'OpenAI et sur son intention de demander ou non des coups de pouce à l'administration américaine, une lettre de la start-up adressée en octobre au directeur de la politique scientifique et technologique de la Maison-Blanche a ressurgi. Le 8 novembre 2025, TechCrunch en résume ainsi le contenu : "OpenAI a demandé à l'administration Trump d'étendre le crédit d'impôt prévu par le Chips Act aux centres de données".
"Une opportunité unique de réindustrialiser le pays"
Sur une dizaine de pages, qu'OpenAI avait publiées fin octobre sur son site Internet, Christopher Lehane, directeur exécutif du bureau des affaires internationales de la start-up dispense ainsi des conseils au gouvernement fédéral américain en matière d'IA. Et fait figurer, parmi les propositions, celle d'étendre le crédit d'impôt AMIC (pour Advanced manufacturing investment credit, en français crédit d'investissement dans la fabrication avancée) de 35%, inclus dans le Chips Act de l'administration Biden, aux centres de données.
Présentant le défi de l'intelligence artificielle comme "une opportunité historique de réindustrialiser le pays", OpenAI explique souhaiter que toute la chaîne manufacturière de l'IA, des semi-conducteurs aux matériaux nécessaires pour les produire, en passant par "les composants du réseau électrique tels que les transformateurs", par les serveurs d'IA et par les data centers d'IA, soient éligibles au crédit AMIC. "L'élargissement de la couverture de l'AMIC permettra de réduire le coût effectif du capital, de réduire les risques liés aux investissements initiaux et de libérer des capitaux privés afin de contribuer à réduire les goulots d'étranglement et d'accélérer le développement de l'IA aux États-Unis."
Sam Altman nie tout besoin de garantie gouvernementale
Dans le reste de la lettre, Christopher Lehane encourage aussi le gouvernement à accélérer le processus d'autorisation et d'évaluation environnementale de ces projets d'infrastructure d'IA, et à créer une réserve stratégique de matières premières nécessaires à leur construction : "cuivre, aluminium, terres rares transformés et matériaux semi-conducteurs bruts". Cette réserve "donnerait aux producteurs nationaux la certitude dont ils ont besoin pour accroître leur production" et "réduirait également notre dépendance vis-à-vis de la République populaire de Chine, stabiliserait les prix en cas de pénurie et garantirait un accès sûr aux matériaux essentiels à l'infrastructure de l'IA aux États-Uni", argue-t-il.
Très détaillé, ce courrier était presque passé inaperçu avant la prise de parole, mercredi 5 novembre, de la directrice financière d'OpenAI, Sarah Friar. Elle avait alors évoqué la possibilité pour sa start-up de recevoir une aide financière gouvernementale qui constituerait "un filet de sécurité". Avant de nuancer ses propos quelques heures plus tard : "Je voulais dire que la puissance technologique américaine viendra de la construction d’une véritable capacité industrielle, ce qui nécessite une collaboration entre le secteur privé et le gouvernement." "Nous n'avons pas besoin de garanties gouvernementales pour les centres de données d'OpenAI et nous n'en souhaitons pas", avait aussi déclaré Sam Altman, le patron de l'entreprise, pour qui le courrier de Christopher Lehane ne correspond manifestement pas à cette catégorie de coups de main.


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