Etude

Pour 60% des RSSI français, la souveraineté des données pèse dans le choix des fournisseurs

La souveraineté numérique n'est plus une préoccupation théorique : pour la majorité des entreprises européennes, elle est devenue un enjeu concret de sécurité. 78% des décideurs sont plus préoccupés par cet aspect qu'ils ne l'étaient un an auparavant. 

Drapeaux français et européen
Drapeaux français et européen

La souveraineté numérique devient un critère de choix. 60% des responsables de la sécurité des systèmes d'information français considèrent la souveraineté des données comme un critère essentiel dans leurs choix d'achat. Pour 10% d'entre eux, c'est même la priorité numéro un. 

Ces chiffres sont issus du rapport "State of Cybersecurity", porté par l'entreprise française HarfangLab, spécialisée dans la détection et la réponse aux attaques informatiques. Dans ce cadre, 800 décideurs en France, Allemagne, Pays-Bas et Belgique ont été interrogés. Face à une menace cyber de plus en plus sophistiquée, la quête de contrôle et d'indépendance technologique s'impose. 

Davantage préoccupés par la souveraineté numérique

Dans le détail, selon l'étude, 78% des décideurs européens sont plus préoccupés par la souveraineté numérique qu'ils ne l'étaient un an plus tôt. En toile de fond : la crainte d'un accès extraterritorial aux données sensibles, en vertu du CLOUD Act, une loi américaine qui permet aux autorités de surveillance nationales de collecter les données quelle que soit la localisation des data centers.

Sur ce point, 70% des répondants estiment que l'Europe est trop dépendante des technologies étrangères. 69% des décideurs estiment, en outre, que l'utilisation de produits de cybersécurité non-européens soulève des risques de surveillance incompatibles avec les exigences du cadre légal européen.

Le retour du "on-premise"

Dans cette logique, l'étude montre également un retour du "on-premise", soit l'installation d'un logiciel ou d'une infrastructure hébergé et géré localement dans les locaux de l'entreprise. 31% des entreprises préfèrent désormais une solution EDR on-premise, et 17% envisagent de basculer vers ce modèle. Les motivations sont claires : reprise en main des mises à jour, limitation de l’exposition aux lois étrangères, et volonté de maintenir les données dans des infrastructures maîtrisées.

Dans ce contexte, la régulation européenne est plébiscitée, telle que NIS 2 et le RGPD : 94% des répondants la jugent nécessaire, et 70% considèrent que l’Union européenne est devenue un modèle mondial en matière de protection numérique.

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