Swile lève 70 millions d'euros en disruptant les RH

La start-up française Swile (anciennement Lunchr) annonce une levée de fonds de 70 millions d'euros. De quoi assumer ses ambitions internationales et poursuivre son développement. En deux ans, elle a conquis 7% du marché des titres restaurants et ne compte pas s'arrêter là, en multipliant les services pour les salariés et les DRH. 

carte swile
Un paiement facile mêlant "ticket repas" et compte bancaire en un geste.

Un changement de nom, de nouveaux services et 70 millions d'euros supplémentaires pour mener à bien ses ambitions. C'est l'actualité de la start-up Swile (le nouveau nom de Lunchr) en ce début d'été. Pour cette série C, les investisseurs se nomment Index Ventures, Idinvest, Daphni, Kami ventures et Bpifrance via son fonds Large Venture.

Swile avait déjà levé 11 millions d'euros en 2018 et 30 millions en 2019. La levée de fonds avait été bouclée avant le début du confinement, assure le CEO Loïc Soubeyrand, mais la jeune pousse a attendu la fin de cette période pour pouvoir l'annoncer dans un climat plus apaisé.

Nouveau nom, nouveaux business

Swile, sous son ancien nom de Lunchr, s'est fait connaître en proposant des titres restaurants "new look". Il s'agit d'une carte liée à une application disponible sur Apple ou Google Play. "En 2 ans, nous sommes à une part de marché de 7 %, ce qui représente 8000 entreprises – de la PME aux grands groupes – et 210 000 personnes", assure le CEO. Ce dont il semble le plus fier encore c'est de n'avoir "perdu aucun client depuis le lancement du produit". L'essayer ce serait donc l'adopter.

Mais cela n'est peut-être pas un hasard, car si le paiement du repas a servi de rampe de lancement, Swile multiplie les services associés à sa carte, qui la rendent d'autant plus indispensables. Ainsi, on peut ou pourra bientôt payer un voyage (chèques vacances) ou un cadeau (chèque cadeau), ce qui a conduit la start-up à travailler avec les directions générales ou les DRH, mais aussi avec les CSE et les représentants des salariés.

Une connexion sans couture

La start-up a multiplié les services pour faciliter l'adoption de son produit. Par exemple, il est possible de coupler la carte de Swile avec un compte bancaire pour payer en une fois un repas qui dépasserait le montant maximum. Côté commerçant, pour faciliter l'adoption, la jeune pousse "a misé sur un réseau ouvert", explique Loïc Soubeyrand. Pour le commerçant cela signifie qu'il peut accepter cette carte sans avoir à télécharger une mise à jour sur son terminal de paiement.

Parmi les nouveaux services qui seront développés au cours des mois à venir figure la possibilité d'organiser des cagnottes entre salariés pour quelques motifs que ce soit, du pot de départ au cadeau pour la naissance d'un enfant...

Deux clients à servir : le salarié et la RH

L'originalité de la jeune pousse est qu'elle travaille à améliorer le service en direction des salariés, les utilisateurs finaux : "Swile simplifie la vie du collaborateur dans son quotidien" assure le CEO. Mais la start-up ne s'arrête pas là et travaille aussi en direction des entreprises : "on veut fluidifier la vie en entreprise" poursuit-il en évoquant un service de messagerie interne grâce auquel les entreprises pourront aussi communiquer.

Ce service de communication RH fait partie de l'offre payante en direction des DG et des DRH, notamment un outil d'enquête en ligne instantanée pour mesurer l'ambiance dans l'entreprise, le fameux climat social. On pourra aussi mettre en ligne l'organigramme de l'entreprise via l'application.. Le pari du patron de Swile est que l'application ne sera pas délaissée comme les outils collaboratifs ou les intranets "corporate" classiques. Pourquoi ? Tout simplement parce que les salariés utiliseront aussi pour eux le compte Swile pour des actes de la vie quotidienne.

Cap sur le Brésil

Pour cela, les sommes levées serviront "à appuyer sur l'innovation en doublant les équipes techniques, qui comptent actuellement 100 personnes". La start-up aujourd'hui emploi 250 personnes réparties entre Montpellier (un tiers), Paris (un tiers) et des personnes en télétravail total.  Fin 2020, l'effectif de la start-up atteindra 300 salariés et en 2021 ils seront aux environs de 500, assure-t-on chez Swile.

Les 70 millions d'euros levés serviront à financer le développement international notamment au Brésil qui a été identifié comme le premier marché au monde. D'autres pays sont à l'étude. En témoigne le fait que l'application développée en français est en cours de traduction dans trois langues : le brésilien, l'espagnol et l'anglais. 

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