Noyb continue sa croisade contre les mauvaises pratiques des grandes plateformes. L'association autrichienne, qui défend la protection des données, a annoncé ce 17 juillet avoir déposé une série de plaintes contre WeChat (super application), TikTok (réseau social de vidéos courtes) et AliExpress (plateforme d'e-commerce). Son objectif : les faire condamner pour violation du Règlement général sur la protection des données (RGPD).
Les plaintes déposées ont été adressées à trois autorités nationales de protection des données, en fonction du lieu de résidence des plaignants ou de l’implantation des entités visées. La plainte contre AliExpress a été transmise à l’Autorité belge de protection des données (APD), en raison de la présence du hub logistique européen du groupe à Liège. Celle visant TikTok a été adressée à l’autorité grecque (HDPA), tandis que la plainte contre WeChat a été déposée auprès de l’autorité néerlandaise (Autoriteit Persoonsgegevens), Tencent, maison mère de l'application, étant basé à Amsterdam.
Une violation du droit d'accès
Dans le détail, l'association autrichienne reproche aux trois plateformes de ne pas avoir respecté le droit d'accès aux données personnelles, tel que garanti par l'article 15 du RGPD. Ce droit permet à chaque personne de savoir quelles données sont collectées à son sujet, comment elles sont traitées, et s'il y a des transferts vers des pays tiers, notamment vers la Chine.
Dans les plaintes, Noyb souligne qu'AliExpress a transmis à la plaignante un fichier corrompu ne pouvant être ouvert qu'une seule fois, ce qui rendait l'accès aux données impossible. Les réponses ultérieures se sont limitées à des renvois vers une politique de confidentialité générale, sans fournir les informations demandées. De son côté, TikTok a fourni des données brutes, fragmentées et difficilement lisibles, sans explication claire sur leur signification ou leur usage. WeChat n'a tout simplement pas répondu à la demande d'accès, malgré plusieurs relances.
Les trois sociétés chinoises sont également accusées d'avoir violé l'article 12 du texte européen. Il leur est reproché un manque de transparence et d'accessibilité dans la communication avec les utilisateurs ainsi que l'obstruction à l'exercice effectif de leurs droits.
Forcer les entreprises à se plier au RGPD
Face à ces agissements, Noyb demande aux autorités de protection des données de constater les violations du RGPD, de contraindre les entreprises à fournir l'ensemble des données personnelles demandées par les plaignants, et de leur infliger une amende administrative. Les sociétés risquent une amende allant jusqu'à 4% de leur chiffre d'affaires annuel mondial total (jusqu’à 147 millions d’euros pour AliExpress par exemple).


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