Etude

Les montants levés par les fintechs françaises ont augmenté de 20% cette année

Les fintechs françaises ont récolté 1,3 milliard d'euros via 92 levées de fonds en 2024, d'après un rapport de l'Observatoire de la fintech réalisé en partenariat avec KPMG, Mastercard et eToro. Les start-up spécialisées dans l'assurance et dans les services aux acteurs financiers captent 60% des fonds levés.

Étude Observatoire fintech illustration
Étude Observatoire fintech illustration

2024, année du rebond pour les fintechs françaises ? Après une chute considérable des montants levés l'année dernière (-56%), le secteur semble reprendre du poil de la bête. Les fintechs de l'Hexagone ont ainsi levé 1,3 milliard d'euros, soit 20% de plus qu'en 2023 (1,1 milliard d'euros). Un chiffre qui ressort de l'étude publiée le 12 décembre par l'Observatoire de la fintech, réalisée en partenariat avec KPMG, Mastercard et la plateforme de trading eToro.

Une hausse du ticket moyen… mais un financement plus compliqué en early-stage

Le ticket moyen des levées de fonds s'élève à 14,2 millions d'euros, en hausse de 85% par rapport à l'année dernière et se rapprochant des niveaux de 2022. Ce montant s'explique en partie par la réalisation de trois “méga-deals” (levées de fonds supérieures à 100 millions d'euros), avec 173 millions d'euros récoltés par l'assurtech Alan, 134 millions d'euros par la start-up de planification financière Pigment et 108 millions d'euros par la plateforme d'assurance Akur8. L'année dernière, Ledger était la seule fintech à dépasser ce seuil.

Etude Observatoire fintech

Les auteurs du rapport constatent en revanche une baisse significative du nombre d'opérations, qui passe de 140 en 2023 à 92 cette année. Une diminution qui s'observe surtout sur le financement en early-stage, où les levées de fonds inférieures à 5 millions d'euros sont passées de 100 à 52. À l'inverse, 7 levées de fonds ont réuni un montant supérieur à 50 millions d'euros, contre 2 en 2023. “Même si l’inflation s’est estompée et que les taux d’intérêts évoluent dans une dynamique baissière, des incertitudes politiques demeurent en France, et entraînent une prudence de la part des investisseurs”, ajoutent-ils.

36 000 salariés dans les fintechs françaises

Les assurtechs ont capté le plus de fonds cette année, avec 440 millions d'euros réunis. Ce montant est principalement porté par les levées de fonds d'Alan et d'Akur8, mais aussi par les start-up d'assurance embarquée Neat (50 millions d'euros) et d'analyse de données QantEV (30 millions d'euros). Les sociétés spécialisées dans les services aux acteurs financiers se hissent à la deuxième place, avec 357 millions d'euros réunis. Ceci comprend certaines start-up de cybersécurité, comme Zama, qui développe un logiciel de sécurisation des données dans la blockchain (68 millions d'euros) et la société de logiciels Filigran (50 millions d'euros en deux opérations).

La dynamique des montants levés se traduit aussi par un léger sursaut dans l'évolution de l'emploi dans la fintech. En cette fin d'année, les sociétés du secteur emploient près de 36 000 personnes, soit plus de 10% par rapport à 2023. Les banques digitales se distinguent tout particulièrement (effectifs en hausse de 23%), tout comme les sociétés spécialisées dans les services aux acteurs financiers (+ 19%) et dans les services de middle et back-office (+ 17%). Avec 1855 salariés, Qonto est la première fintech française en termes d'effectifs, suivie par Alan (1046 salariés) et la néobanque du groupe BNP Paribas Nickel (1023 salariés).

Autant de M&A qu'en 2022 et 2023

54 opérations de fusions et acquisitions ont été comptabilisées dans le secteur cette année, soit un niveau similaire à 2023 (53 opérations) et 2022 (58 opérations). 4 opérations sur 10 ont été réalisées par des fintechs souhaitant enrichir leurs services et s'implanter à l'étranger. Les acquéreurs, basés à 80% en France, ciblent majoritairement des sociétés existant depuis moins de dix ans. Parmi les opérations de l'année figurent notamment le rachat de Pledg par le Crédit agricole, de Regate par Qonto ou encore de Shine par le danois Ageras.

Enfin, 19 fintechs se sont déclarées en difficultés en cours de l'année (placées en procédure de sauvegarde, mises en redressement judiciaire ou ayant dû cesser leur activité). Ces sociétés avaient levé au total 125 millions d'euros, dont 54 millions d'euros par la plateforme de prêts October, qui a cessé son activité en février.

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