Uber or not Uber, that is (not) the question

Thibaut de Jaegher
Thibaut de Jaegher

Autant le dire et l’affirmer tout de go : cet édito n’en est pas vraiment un. Une fois n’est pas coutume, je ne vais pas vous livrer ici une analyse fouillée des tendances qui transforment l’économie ou tenter d’apporter un peu de raisons dans des débats comme les 35 heures ou le coût du travail. Non, rien de tout cela dans les lignes qui suivent mais le simple récit de deux expériences vécues par votre serviteur ces derniers jours et qui en disent beaucoup plus longs sur la guerre que se livrent Uber et les taxis.

Ce récit, vous l’avez sans doute deviné, compare mon expérience des services rendus par les deux protagonistes.

Côté taxi, l’expérience commence déjà mal. Il faut les chercher. On se penche sur le boulevard. On marche jusqu’à une station de taxis (déserte), on tente d’appeler mais le temps d’attente est rédhibitoire… Puis, finalement, un taxi apparait avec l’enseigne au vert. Il s’arrête et on peut (enfin) monter dans le taxi parisien. A mon compteur, déjà 15 minutes !

Côté Uber, le même service rendu ne prend que six minutes. 1 minute pour télécharger l’appli et rentrer ses coordonnées, notamment bancaires (en 4G) puis 1 minute pour commander un Uber à proximité. Pas besoin de courir : il suffit juste de regarder le géotracking sur l’appli, embarquant Google Maps, et d’indiquer sa destination. En prime, Uber vous dit le temps d’attente, dans mon cas, 4 minutes seulement.

Revenons au taxi, je suis à bord. Je lui demande s’il prend la carte bleue. Il me dit que non. J’ai du cash sur moi, je décide de poursuivre avec ce chauffeur. Je n’ai plus vraiment de temps à perdre : j’ai déjà perdu un quart d’heure à le trouver. Je lui donne mon adresse mais –ô surprise- le chauffeur me demande si je connais la route. Je lui signifie que non : il branche alors son GPS et s’élance sans vraiment savoir quel itinéraire emprunter.

Pendant ce temps, chez Uber, le chauffeur connecté à l’appli Uber ne me demande pas ma destination. Précisée dès la commande du véhicule sur l’appli, il l’a automatiquement dans son smartphone embarquant un GPS et celui-ci lui indique le chemin le plus rapide. Il se soucie juste de savoir si je veux changer de radio (il écoutait RMC) et m’indique que je peux me servir en eau si j’en ai envie. Sympa !

Côté taxi à nouveau, c’est l’incertitude qui domine. Je vois le compteur monter, le chauffeur se perdre dans les méandres de son GPS, louper une sortie (son GPS n’est visiblement pas bien synchronisé) et mon heure de rendez-vous filer… Bref, je sens que je ne suis pas rendu.

Côté Uber, je suis presque arrivé à destination. Le chauffeur me remercie et un email m’indique le prix de ma course. Plutôt une bonne surprise puisqu’elle correspond à la fourchette basse de l’estimation que l’appli avait faite lors de ma commande.

Pendant ce temps-là, je suis toujours dans le taxi. Il a réussi à retrouver le bon chemin, sans GPS mais en ressortant son bon vieux plan. De guerre lasse, je lui demande de m’arrêter dans une rue parallèle. Je finirai à pied ! Ça ira plus vite…

Bilan des courses : Uber 1 – Taxi 0. Vous trouverez peut-être que ce billet est partisan. Et vous aurez raison : il l'est puisqu’il a pris le parti du client. Il s’attache à montrer qui des taxis ou des Uber apporte la meilleure expérience. Si je remettais ma casquette de directeur de la rédaction, je prendrais le temps de resituer ce témoignage dans son contexte, de rappeler notamment les règlementations et les coûts qui pèsent sur les taxis et pas sur les chauffeurs Uber. Autant d'arguments que j'entendrais et que j'accepterais de lister si… si et seulement si les taxis faisaient l’effort de nous proposer un service de qualité. Qu’il soit numérique ou pas étant secondaire.

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