L’IA n’est pas une technologie comme les autres. C’est le moteur de la prochaine révolution industrielle, une révolution qui a déjà commencé, et qui, aujourd’hui, bat pour l’essentiel pavillon américain. Les modèles d'IA générative, comme ChatGPT et Midjourney, révolutionnent et réinventent la création, le marketing, la communication, la relation client, la production de code… Permettant une interaction en langage naturel, l’IA générative rend accessible à n’importe quel utilisateur des capacités de traitement de données sans précédent.
En Europe aussi, notamment en France, en Allemagne ou encore en Italie, nous possédons des atouts inestimables pour devenir des leaders de cette quatrième révolution industrielle : un écosystème d'innovation florissant, des chercheurs de rang mondial en mathématiques et en IA, et des modèles de langage (LLM) très compétitifs, comme Bloom du CNRS. Nous avons l'opportunité, nous Européens, de façonner un avenir où l'IA renforce notre économie, enrichit notre culture, et améliore nos vies.
IA générative : les investissements manquent en Europe
Ce qui nous manque ? Des investissements massifs, à l’échelle européenne et ne pas être stoppé dès le départ. Dans un contexte extrêmement concurrentiel, il est indispensable d'avoir des investissements mutualisés. En avril, l'Institut Montaigne recommandait 1 milliard d'euros d'investissement pour que l'Europe et la France deviennent des puissances de l'IA "sûre et digne de confiance". La création récente de Kyutai, avec une dotation substantielle, va dans le bon sens mais est insuffisante, car trop isolée.
Les enjeux liés à l’IA relèvent d’un intérêt européen commun, et même de l’intérêt général ; il faut donc que l’Europe prenne les devants, fasse preuve d’audace et de vision pour devenir un véritable pôle mondial d’excellence en IA. Elle doit construire un cadre règlementaire propice aux investissements et à l’innovation, pour innover avant de réguler, comme l’ont fait les États-Unis ou le Japon.
Réguler pour aller de l'avant, pas freiner l'innovation
Comprenant que l'IA, domaine en évolution rapide, nécessite une réglementation flexible, orientée vers l'avenir, ces pays ont adopté des règlementations pragmatiques, souples et favorables à l’innovation, tout en protégeant les intérêts des citoyens et en respectant les principes éthiques. Des régulations conquérantes, favorables à l’innovation ! N’en déplaise aux esprits chagrins, qui voient dans ces progrès technologiques des catastrophes en devenir, une autre voie est possible que celle du ralentissement et de la restriction.
Certes, il y a bel et bien un défi de la gouvernance de l’IA, que les Européens sont peut-être les mieux placés pour relever, de par notre culture et notre histoire. Il faut aller plus loin que ce qui existe déjà, comme le "Hiroshima Process" du G7 ou le Comité sur l’IA du Conseil de l’Europe. L’Europe doit s’unir, et développer une vision cohérente et ambitieuse de l'IA, qui conjuguerait les principes d'éthique, d'inclusion et d'ouverture, avec l’innovation. Nous avons besoin d'anticiper les tendances futures plutôt que de réagir avec peur et indécision.
Aujourd’hui, l’Europe a choisi le "en même temps", c’est-à-dire de satisfaire au devoir de précaution tout en réglementant à petits pas. Une décision suffisamment rare que pour les défenseurs de l’innovation et du progrès ne soient pas trop freinés. Il faut désormais se saisir des opportunités offertes pour créer une Europe de l'IA forte et souveraine.
Fabien Versavau, PDG de Rakuten France
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