Anne Le Hénanff, ministre déléguée à l’IA et au numérique, précise sa feuille de route

Récemment nommée ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique, Anne Le Hénanff a répondu aux questions de nos confrères de La Tribune Dimanche et a fait part de ses ambitions en matière de souveraineté numérique, d'IA, de cybersécurité...

Anne Le Hénanff ministre Numérique IA
Anne Le Hénanff ministre Numérique IA

Anne Le Hénanff se pose en héritière de sa prédécesseuse, Clara Chappaz, restée plus d'un an en poste. Dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche le 2 novembre, la ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique a détaillé sa feuille de route. Trois semaines après sa nomination au sein du gouvernement de Sébastien Lecornu, l'ancienne députée de la première circonscription du Morbihan dans le groupe Horizons et indépendants souhaite mettre l'accent sur la souveraineté numérique à l'échelle française et européenne, l'intelligence artificielle (IA) et la préservation des aides à l'innovation.

L'accent sur la souveraineté française et européenne

"La souveraineté numérique sera la ligne directrice de mon action", résume ainsi Anne Le Hénanff en préambule. Dressant le constat d'une dépendance à "un certain nombre de technologies extra-européennes, dans le cloud notamment" dont il est difficile de se défaire selon elle, la ministre veut encourager le développement d'"une offre souveraine de services numériques, de technologies et d’infrastructures qui soit innovante, compétitive et alignée sur nos valeurs européennes". Elle milite donc pour "une préférence européenne" en matière de technologies et veut que les entreprises choisissent davantage les acteurs français du cloud.

Idem en ce qui concerne les secteurs, tout aussi "stratégiques" à ses yeux, de l'intelligence artificielle, du quantique et de la cybersécurité. Pour que des "champions" français et européens comme la start-up d'IA Mistral émergent, Anne Le Hénanff dit vouloir "cré[er] les conditions de leur développement et donc en conservant les aides à l’innovation". Un défi en soi car, dans le cadre de l'examen du budget du gouvernement français pour 2026, ces aides seront vraisemblablement revues à la baisse, concède-t-elle. "Tout le monde va devoir contribuer, y compris mon ministère."

"Irriguer par l'IA toutes les entreprises"

Elle tient toutefois à rassurer les entrepreneurs français qui s'inquièteraient de ces préoccupations budgétaires et politiques : "Je leur dis qu’on ne sacrifiera pas les investissements nécessaires, car l’innovation est aussi un levier de souveraineté". L'ex-parlementaire les encourage également à s'ouvrir davantage à l'IA. "Notre but est d’irriguer par l’IA toutes les entreprises", assure-t-elle, dans la continuité du plan "Osez l'IA" incarné par Clara Chappaz. Et d'anticiper : "Certaines entreprises vont devoir se réorganiser, certains métiers vont péricliter, mais l’idée que la machine va remplacer l’homme est excessive."

A plus court terme, son emploi du temps de ministre comporte, en février, l'anniversaire du sommet français de l'IA, à l'occasion duquel elle fera "un point d'étape" des avancées de la France sur la question. L'installation dans l'Hexagone de data centers a d'ores et déjà bien avancé : "Douze porteurs de projets se sont manifestés et neuf d’entre eux ont déjà sécurisé au moins un site pour installer leurs centres de données". Autre événement à suivre, la transposition de la directive européenne sur la cybersécurité NIS 2 dans le droit français, qui a pris du retard et n'a pas encore été planifiée mais sur laquelle "le gouvernement est déterminé à avancer très vite".

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