Antitrust : Les Etats-Unis renoncent à restreindre les investissements de Google dans l’IA

Le ministère américain de la Justice n’obligera pas Google à vendre ses participations dans des sociétés d’intelligence artificielle, dont Anthropic, pour stimuler la concurrence. En revanche, il veut toujours la contraindre à se séparer de son navigateur Chrome.

 

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Google, propriété d’Alphabet, peut conserver ses investissements dans l’intelligence artificielle. Les autorités judiciaires américaines ont annoncé le 14 mars 2025 le retrait de leur proposition sur le sujet. A la place, elles demandent à l’entreprise de les prévenir de placements futurs. 

Cette proposition fait suite à des plaintes antitrust déposées par le ministère de la Justice (DOJ) et 38 procureurs généraux d'État sous la présidence Biden. Dans un document déposé au tribunal du district de Columbia, le DOJ a évoqué "les risques potentiels" et "lesconséquences imprévues" d'une limitation de l'implication de Google dans l'IA.

"Un Goliath économique"

L’entreprise, qui détient une participation minoritaire dans la pépite de l'IA Anthropic d'une valeur de plusieurs milliards de dollars, affirme que les cessions forcées pourraient affaiblir sa position dans l'IA et profiter à des rivaux comme OpenAI et Microsoft. Plus globalement, elle considère que les actions antitrust menées à son encontre aux Etats-Unis pourraient démanteler ses activités et l’affaiblir considérablement.

Google s’élève, en particulier, contre la détermination du DOJ à le séparer de son navigateur Chrome. "Le comportement illégal de Google a créé un Goliath économique, qui sème le chaos sur le marché pour garantir que, quoi qu'il arrive, Google gagne toujours", a déclaré le DOJ dans le document transmis au tribunal du district de Columbia et signé par Omeed Assefi, son actuel procureur général par intérim pour l'antitrust.

En août 2024, un tribunal fédéral américain avait reconnu Google coupable de violation des lois antitrust sur le marché de la recherche en ligne. Il lui avait reproché notamment d’avoir abusé de ce monopole en payant des entreprises, comme Apple, pour que son moteur de recherche soit le choix par défaut des terminaux et de leur navigateur web.

Google se défend

Dans un document judiciaire datant de novembre 2024, le ministère de la justice a réclamé une scission des activités de la filiale du groupe Alphabet, interdisant également à Google de signer des accords avec les constructeurs pour imposer l’utilisation par défaut de son moteur de recherche sur les smartphones.

Google, qui s’est engagé à assouplir les accords avec les fabricants, a néanmoins averti le DOJ que la vente forcée de Chrome pourrait compromettre la sécurité des utilisateurs, impacter les entreprises dépendant de l'écosystème Google et au-delà, menacer le leadership technologique américain. La décision finale de la justice dans cette affaire est attendue pour l’été 2025.

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