Après l’échec de sa levée de fonds, Stability AI cherche un repreneur

La start-up britannique, qui conçoit le générateur d’images Stable Diffusion, traverse une période mouvementée, entre situation financière délicate et conflit larvé avec son principal actionnaire.

Stability AI
Stability AI

Au début de l'été, Stability AI n’avait pas réussi à mener une importante levée de fonds, qui lui aurait permis de financer son développement. Dans une situation financière délicate, la start-up britannique, connue pour le générateur d’images Stable Diffusion, cherche désormais un repreneur.

Selon l’agence Bloomberg, plusieurs acheteurs potentiels ont déjà été approchés, dont Cohere, une start-up canadienne qui conçoit des outils d’IA pour les entreprises, et Jasper, une start-up américaine qui propose des assistants IA pour les équipes marketing. Mais les discussions n’ont pas abouti.

Cette potentielle vente intervient aussi dans un contexte particulièrement tendu entre la direction de Stability AI et son principal investisseur, le fonds américain Coatue. Dans un courrier envoyé le mois dernier, celui-ci a en effet exigé la démission d’Emad Mostaque, son fondateur et patron.

Chute de la trésorerie

Pour Stability AI, il pourrait y avoir urgence. Certes, la société a levé 101 millions de dollars l’an passé. Mais sa trésorerie a rapidement fondu, en raison des coûts liés à l’entraînement et au fonctionnement des modèles. Et aussi en raison de nombreux recrutements de chercheurs en intelligence artificielle.

Pour payer ses factures, la société a dû se rabattre, au printemps, sur un premier prêt convertible en actions, d’un montant de 25 millions de dollars. Puis sur un deuxième en octobre, d’un montant de 50 millions, contracté auprès d’Intel. Ces sommes ne devraient cependant lui accorder que quelques mois de répit, sans une baisse de ses dépenses ou un bond de son chiffre d’affaires.

La recherche de nouveaux investisseurs s’annonce compliquée. Pendant des mois, Stability AI a cherché à lever 400 millions de dollars, sur la base d’une valorisation de 4 milliards, soit quatre fois plus que lors de son dernier tour de table. Des conditions refusées par les fonds alors que la start-up doit affronter la concurrence de l’impressionnant Midjourney et de DALL-E, développé par la richissime start-up américaine OpenAI.

Multiples polémiques

Mais cet échec peut aussi s’expliquer par les difficultés et polémiques autour de Stability AI. En avril, le site Sifted avait révélé que la société ne possédait pas la propriété intellectuelle sur le modèle d’IA alimentant Stable Diffusion, en réalité développé par une université allemande. Début juin, une enquête publiée par Forbes faisait état d’un “historique d'exagérations” de la part d’Emad Mostaque sur ses diplômes et sur son expérience. Mais aussi sur un partenariat avec Amazon et sur le niveau du chiffre d’affaires.

Stability AI est aussi ciblé par deux procédures judiciaires, lancées par un groupe d’artistes et par la grande banque d’images américaine Getty. L’entreprise est accusée d’avoir violé leur propriété intellectuelle en utilisant leurs œuvres et photos, sans consentement et sans rémunération, pour entraîner son modèle d’IA.

Pour ne rien arranger, Stability AI vient d’enregistrer la démission de son directeur de la recherche, David Ha, un ancien chercheur de Google Brain débauché il y a moins d’un an. En avril, Christian Cantrell, un ex d’Adobe, avait aussi quitté son poste de vice-président chargé des produits, sept mois à peine après son recrutement. Et le directeur opérationnel Ren Ito a, lui, été licencié.

Newsletter L'Usine Digitale
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.