À Wall Street, Super Micro Computer a longtemps été l’une des nouvelles vedettes, portées par l’euphorie autour de l’intelligence artificielle générative. Mais le fabricant de serveurs est désormais dans la tourmente, entre accusations de fraude et potentielle exclusion du Nasdaq.
Bond du chiffre d'affaires
Fondée en 1993, la société, qui opère sous la marque Supermicro, a longtemps évolué dans l’ombre. Mais l'intérêt autour de l’IA a fait exploser la demande pour ses serveurs, qui intègrent les cartes graphiques (GPU) nécessaires à l'entraînement et à l'inférence des modèles. Entre son exercice 2021 et son exercice 2024, le chiffre d’affaires est ainsi passé de 3,6 à 14,9 milliards de dollars.
En Bourse, Super Micro a connu une progression encore plus fulgurante. En mars, peu après son ajout dans l’indice de référence S&P 500, elle touchait son plus haut niveau historique de 119 dollars. Soit presque 40 fois plus que son cours précédant le lancement de ChatGPT, qui a lancé une vague d’investissements dans les GPU. Elle est depuis retombée à 25 dollars.
Accusations de fraude
Depuis août, les nouvelles ne sont en effet pas bonnes pour l’entreprise. Elle a d'abord été accusée de fraude comptable par Hindenburg Research, un fonds short seller qui parie sur la chute d’une action pour engranger des gains. Celui-ci assurait aussi que Super Micro continuait d’exporter ses serveurs en Russie, malgré les sanctions mises en place par Washington suite à l’invasion de l’Ukraine.
Fin octobre, Super Micro a ensuite enregistré la démission du cabinet Ernst & Young, chargé d’auditer ses résultats. Tout juste embauché, celui-ci a expliqué ne pas souhaiter “être associé avec les documents financiers préparés par la direction”. La société assure qu'une enquête indépendante n'a révélé aucune preuve de fraude. Elle ne compte ainsi pas revoir les chiffres déjà publiés.
Vers un retrait du Nasdaq ?
Super Micro fait cependant face à un calendrier serré pour respecter les exigences du Nasdaq. En août, il avait en effet retardé la publication de son rapport annuel. Il doit désormais proposer la semaine prochaine une feuille de route détaillant comment il compte respecter cette obligation. Si le fabricant de serveurs ne le fait pas ou si ses arguments ne convainquent pas, il pourrait être retiré du Nasdaq, puis automatiquement du S&P 500.
De nombreux analystes estiment très probable une exclusion de Super Micro. Ce ne serait pas la première fois: ce scénario s’est déjà produit, pour les mêmes raisons, en 2019. Cela pourrait avoir de graves conséquences pour l’entreprise. Sur le plan commercial, ses clients pourraient se montrer prudents, privilégiant ses concurrents, comme Dell et HPE. Sur le plan financier, ses créanciers pourraient demander le remboursement par anticipation de 1,7 milliard de dollars. Fin septembre, sa trésorerie s'élevait à seulement 2,1 milliards.


![[ÉNERGIES] Déployez vos projets IA à l’échelle, inspirez-vous du cas ENGIE Entreprises et Collectivités](https://cdn.webikeo.com/webinar_logo/2025-10-24-ac93013fcd6c2ea907b5a091f0e74c90.png)
