AWS détaille sa stratégie de cloud "souverain" en Europe

Amazon Web Services précise les contours de son futur cloud européen, qualifié de "souverain", attendu pour fin 2025. Le fournisseur américain annonce la création d'une structure juridique indépendante basée en Allemagne, dotée de sa propre gouvernance, d'un conseil consultatif composé exclusivement de citoyens européens, ainsi que d'un SOC localisé au sein de l'UE. Il promet également une séparation logique et physique complète avec les autres régions cloud, sans dépendance opérationnelle hors UE, tout en conservant l'ensemble de ses services, comme Bedrock et SageMaker. 

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Après Microsoft et Google, c'est Amazon qui précise le fonctionnement de son futur cloud souverain dans un contexte de fortes tensions avec les Etats-Unis. La formule magique : la souveraineté sans sacrifier les performances de ses services, en particulier dans le domaine de l'intelligence artificielle, et de l'IA générative. 

Dans un billet de blog publié le 3 juin 2025, la filiale cloud du géant américain annonce une série de nouveautés pour son offre "AWS European Sovereign Cloud", dévoilée pour la première fois en octobre 2023. Il s'agit d'une future région cloud, conçue pour répondre aux exigences européennes en matière de souveraineté numérique, explique l'entreprise. 

Opérationnelle à la fin 2025

Dans le détail, la première région de cette offre sera lancée fin 2025 dans le Land de Brandebourg, en Allemagne. La future entité disposera d'une maison mère et de trois filiales immatriculées en Allemagne. Elle sera dirigée par Katherin Renz, actuelle présidente d'AWS Industries, qui prendra le poste de directrice générale. Elle sera épaulée par un responsable sécurité et vie privée. 

En parallèle, un conseil consultatif indépendant composé de quatre citoyens européens, dont un membre sans lien avec Amazon, sera chargé de superviser les questions liées à la souveraineté, telles que la sécurité, le contrôle des accès ou encore l'autonomie opérationnelle en cas de coupure. En cas de coupure mondiale, la région européenne devra pouvoir fonctionner de manière autonome, y compris grâce à un accès local au code source nécessaire à sa maintenance, précise AWS. 

Isolement vis-à-vis des autres régions

Du côté technique, la société promet une infrastructure totalement isolée de ses autres régions. Les serveurs, les données, le personnel ainsi que les opérations seront basés au sein de l'UE. Aucun accès, ni contrôle critique ne sera possible depuis l'extérieur, promet AWS. Un Security Operations Center (SOC) sera chargé de superviser ces opérations. 

En parallèle, Amazon introduit le "Sovereign Requirements Framework", un cadre de contrôle basé sur les attentes des clients européens et les exigences réglementaires locales. Il fera l'objet d'audits indépendants, avec des rapports accessibles via AWS Artifact. De plus, la région sera certifiée selon plusieurs normes, telles que ISO 27001, SOC 1/2/3, BSI C5 (équivalent allemand du SecNumCloud). 

Du côté des services proposés, AWS propose un portefeuille complet, y compris les solutions d'IA comme Bedrock, SageMaker et Amazon Q, avec la possibilité d'opter pour des partenaires locaux via le programme AWS Partner Network. 

Amazon se démarque de ses concurrents

Parmi le trio de tête des hyperscalers américains, Amazon Web Services est le seul fournisseur à ne pas avoir tissé de partenariat avec une entreprise française pour proposer son offre dans un environnement réellement souverain, à savoir SecNumCloud. Google Cloud a choisi Thales avec S3NS, et les solutions de Microsoft vont être distribuées par Orange et Capgemini dans le cadre de Bleu. Il reste à voir quelle stratégie sera la meilleure pour répondre aux nouvelles attentes du marché en matière de souveraineté. 

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