Souveraineté numérique : Pourquoi Airbus, Dassault Systèmes, Orange, OVHcloud et 7 autres champions européens font alliance

Onze grandes entreprises européennes, dont cinq françaises, se réunissent pour pousser l'Union européenne à définir clairement le concept de "cloud souverain" et à instaurer une politique de préférence européenne pour l'achat public lorsqu'il question du traitement de données sensibles.

Drapeau UE
Drapeau UE

A l'occasion du Sommet sur la souveraineté numérique européenne, onze entreprises européennes, dont cinq françaises, se sont réunies pour annoncer l'European Sovereign Tech Industry Alliance (ESTIA) ce 20 novembre. Il s'agit d'A1 Digital, Airbus, Dassault Systèmes, Deutsche Telekom, evroc, OpenNebula Systems, Orange, OVHcloud, Post Luxembourg, Schwarz Digits, Sopra Steria et Telecom Italia. La structure sera officiellement lancée en 2026.

L'objectif de cette alliance ? Coordonner les efforts pour promouvoir l’autonomie stratégique de l’Union européenne dans les domaines du cloud et des services numériques. Dassault Systèmes y figure au nom de sa filiale Outscale, tandis qu'Orange et OVHcloud y représentent leurs business cloud respectifs. Sopra Steria est concerné en tant qu'intégrateur et gestionnaire de systèmes sensibles voire critiques, notamment dans la finance.

Favoriser les acteurs cloud européens pour les achats publics

Au travers d'un engagement baptisé l'European Sovereign Cloud Pledge, le groupe promet notamment de faire inscrire une définition juridique claire de ce qu'est le "cloud souverain" dans le futur Cloud and AI Development Act (CAIDA). D'après Sopra Steria, elle sera inspirée du standard EUCS High+ et aura pour but de garantir la localisation des données et leur protection contre les lois extraterritoriales. Seul problème : ce schéma européen de certification cloud est aujourd'hui dans une impasse car plusieurs pays, dont l'Allemagne, refusent d'appliquer les critères demandés par la France (qui protègent justement contre les lois extraterritoriales).

Autre objectif d'Estia : faire instaurer un principe de préférence européenne dans la commande publique pour le cloud. Il faut dire que, pour tous leurs discours sur l'économie de marché, les Etats-Unis n'auraient jamais l'idée de faire appel à des acteurs étrangers pour héberger les données du secteur public. La France ne peut pas en dire autant. Ni l'Union européenne dans son ensemble, puisque d'après le rapport Draghi, 90% des données européennes sont transférées hors de l'UE.

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