Bridé par Trump sur l'export de ses GPU, Nvidia prédit la victoire de la Chine dans la course à l'IA

Jensen Huang, CEO Nvidia, à la GTC Washington
Jensen Huang, CEO Nvidia, à la GTC Washington

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Nvidia devra faire une croix sur le marché chinois pour ses puces d'IA les plus avancées, scande l'administration Trump. Autoriser l’exportation des puces Blackwell représenterait un changement de politique majeur, susceptible d’offrir à la Chine - principal concurrent géopolitique des États-Unis - un accélérateur technologique de taille. Ce ne sera finalement pas le cas, malgré les échanges réguliers entre le patron de la firme et le président américain.

En marge du sommet APEC en Corée du Sud, Jensen Huang a déclaré que le marché chinois était évalué à "50 milliards de dollars cette année", et devrait représenter "quelques centaines de milliards de dollars d’ici la fin de la décennie". Avant ces restrictions cumulées (les premières remontant déjà à 2022 sous l'administration Biden), "Nvidia possédait 95% du marché chinois, ajoute Jensen Huang, aujourd'hui il n'a plus rien".

Tentant le tout pour le tout, ce dernier a salué la stratégie de Pékin en matière d'accompagnement du secteur de l'IA lors de son passage à Londres le lendemain de la déclaration de la Maison Blanche. S'il faut donc replacer ce commentaire dans un contexte bien précis, il y a fort à parier que Jensen Huang tente une autre stratégie : en criant à qui veut l'entendre - à l'intention des Etats-Unis et de l'Europe essentiellement - que la Chine va très probablement gagner cette course d'endurance, le patron de Nvidia demande aux deux pays de se préparer et de stocker tous les GPU dernier cri pour ne pas se laisser distancer. Un appel légèrement désespéré même si la firme aux 5000 milliards de valorisation boursière n'est pas vraiment à plaindre.

Les infos qu'il ne fallait pas rater

Deutsche Telekom crée un cloud IA industriel à 1 milliard d'euros avec Nvidia. Un centre de données existant implanté à Munich sera entièrement rénové pour accueillir plus de 1000 systèmes DGX B200 et serveurs RTX Pro, avec jusqu’à 10 000 GPU Blackwell. Nvidia, fournisseur officiel de ce qui sera, à terme, l'une de ces fameuses "AI factories", promet que cette installation offrira 50% de puissance de calcul supplémentaire pour l'IA. La mise en service est prévue pour le premier trimestre 2026.

Meta prévoit d'investir 600 milliards de dollars jusqu'en 2028 dans les data centers taillés pour l'IA aux Etats-Unis. Après avoir annoncé une hausse notoire de ses investissements en matière d'intelligence artificielle pour l'année 2025, Meta annonce la couleur pour les années à venir. S'il n'est pas précisé quel échelonnage sera fait, il y a fort à parier que les montants vont aller crescendo au fil du temps. Les fonds seront injectés uniquement dans les infrastructures construites aux Etats-Unis.

Pourquoi le secteur de l'intelligence artificielle s'affole à propos des finances d'OpenAI ? La directrice financière d'OpenAI, Sarah Friar, a brièvement évoqué la possibilité d'un soutien financier du gouvernement pour les coûteux projets d'infrastructure de la start-up. Une mention qui n'est pas passée inaperçue, provoquant une réponse acerbe de la Maison Blanche et des inquiétudes chez les investisseurs.

Ne lâchant pas tout à fait l'idée, OpenAI, via une lettre rédigée par Christopher Lehane, directeur exécutif du bureau des affaires internationales de la start-up, recommande à l'administration Trump de revoir la réglementation américaine pour favoriser, à tous les niveaux, le développement d'infrastructures d'IA dans le pays. La start-up veut ainsi mettre la main sur les crédits d'impôt du Chips Act. Malin n'est-ce pas.

Microsoft AI Superintelligence : Mustafa Suleyman monte une équipe consacrée à la recherche en santé. Un compagnon IA pour tous, une superintellience médicale et une énergie propre abondante. Tels sont les trois grands préceptes invoqués par Mustafa Suleyman, désormais en charge de l'entité HSI (Humanist Superintelligence) au sein de Microsoft, pour la prochaine décennie. Une équipe aux objectifs quelques peu flous, qui cherche en tout cas à s'éloigner de la fameuse quête de l'AGI.

Le cloud IA a la cote : CoreWeave s'engage avec le spécialiste du stockage Vast Data pour 1,17 milliard de dollars. Dans le cadre de cet accord, CoreWeave utilisera Vast comme plateforme de données principale pour son infrastructure cloud, qui offre aux clients un accès à des GPU notamment pour l’entraînement et l’exécution de modèles d'IA. De son côté, insatiable, Microsoft multiplie les contrats auprès de fournisseurs de puissance de calcul. Dernier en date à bénéficier des milliards de la firme : Lambda, start-up au commerce florissant de GPU Nvidia, venant concurrencer Nebius et Iren, autres partenaires de la firme de Redmond.

[Focus] La France met tout son coeur à l'ouvrage pour rester dans la course à l'IA

French Tech 2030 : 80 start-up pour bâtir la souveraineté de demain... avec une dose d'IA relative. Il fait bon d'être une start-up française développant une solution en lien - de près ou de loin - avec l'IA. Prises sous l'aile de l'Etat, 80 jeunes pousses vont bénéficier d'un accompagnement sur-mesure pour faire décoller leur activité. Elles évoluent dans la santé, la cybersécurité, l'industrie, le quantique, la robotique ou encore le spatial. Retour sur une promotion haute en couleurs et en IA.

Ancien de ce programme, Mistral AI revient sous les projecteurs : Medium 3.1 est jugé meilleur modèle selon les votants au classement Compar:IA établi par le gouvernement français. Coup de boost général des performances, amélioration du ton, recherches web plus intelligentes,... Présenté comme une avancée majeure dans le secteur, Medium 3.1 est également largement plébiscité par les utilisateurs à en croire les quelques 189 000 votes collectés par le comparateur d'IA conversationnelles, Compar:IA, développé par l'un des services de l'Etat.

Preuve que la France attire, Anthropic ouvre un bureau à Paris dans un contexte de forte croissance du marché européen. Il faut dire que la France figure parmi les 20 premiers pays au monde pour l’utilisation de Claude. Preuve de son intérêt pour l'Hexagone, la start-up a même développé une version de Claude en français. Déjà présente à Dublin, Londres et Zurich, Anthropic va également ouvrir un bureau à Munich, renforçant ainsi sa présence en Europe.

L'image de la semaine

NE PAS REUTILISER - shein en France

"Pour chaque robe achetée, un glacier qui fond offert." (Généré par GPT-5 d'OpenAI).

Les applications métier

Logistique – Comment cet industriel allemand modernise ses entrepôts grâce à SAP et à la start-up Neura

SAP redouble d'efforts dans la robotique. L'éditeur d'ERP a permis à Bitzer, groupe allemand spécialisé dans les produits de climatisation et de réfrigération, de déployer le robot humanoïde 4NE1 de Neura Robotics pour des tâches de prélèvement. Dans le cadre de ce projet pilote, il a amélioré les capacités de son assistant d'IA Joule, intégré à sa plateforme de gestion d'entrepôt EWM.

Energie – En choisissant Bleu et S3NS, EDF mise sur un cloud de confiance franco-américain pour valoriser ses données stratégiques

L'annonce risque de ne pas passer inaperçue : EDF a choisi Bleu et S3NS pour héberger et valoriser ses données, deux offres de cloud hybride combinant dans chacun des cas un fournisseur américain à des sociétés françaises. L'objectif : accéder à des services de haute qualité dans une infrastructure ultra-sécurisée.

Conseil – 350 000 salariés de Cognizant vont bénéficier des services de Claude d'Anthropic, des offres sectorielles à venir pour ses clients

Double annonce pour le géant américain du conseil : il embarque ses 350 000 salariés dans l'IA au travers de la palette d'outils d'Anthropic tandis que ses clients vont pouvoir bénéficier de l'intégration de ces mêmes solutions au sein de la plateforme de Cognizant. La firme met le cap sur l'agentique et prévoit de développer des solutions sectorielles très rapidement.

Industrie 4.0 – Conçu par Capgemini et Orano, ce robot humanoïde est destiné à être déployé dans des installations nucléaires

Les deux entreprises ont levé le voile sur Hoxo, le premier robot humanoïde conçu pour assister les salariés dans plusieurs installations nucléaires. L'appareil, fabriqué par Unitree, sera testé pendant quatre mois sur le campus d'Orano Melox dans le Gard, afin d'évaluer ses capacités.

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