Jeudi 3 mars, Engie consacrait sa matinale de l’innovation au thème "L’Internet des objets comme levier de transformation". Parmi les invités, Thomas Nicholls, vice-président de Sigfox, la licorne française dans laquelle Engie a investi en 2015 et qui déploie un réseau bas-débit dédié aux objets connectés. "Quand on parle d’objets connectés, on parle de bracelets, de réfrigérateurs... des gadgets... Dans l’internet des objets, on s’en fout de l’objet. Il doit être le plus petit et le moins cher possible. C’est l’information remontée qui est important", assure-t-il. Et chez son hôte du jour, le dirigeant est venu parler maintenant prédictive : "La technologie n’est pas intéressante en tant que telle. C’est ce qu’on fait avec qui est intéressant, ajoute-t-il. Dans l’industrie, prévoir une panne est essentiel."
Une solution économique avant tout
Guillemette Picard, directeur d’investissement chez Engie New Ventures (en charge de l’investissement dans les start-up) confirme : "Le déploiement de systèmes connectés [pour les process énergétique, ndlr], Engie le fait depuis des dizaines d’années. La rupture aujourd’hui est la baisse des coûts des objets, la simplification du transport des données et le renforcement de l’analyse."
"En réalité, les objets connectés sont très simples, ils font ce qu’on faisait depuis très longtemps dans les process industriels mais en le simplifiant, en le fiabilisant et en le massifiant, résume Hervé Bidou, directeur de la transition digitale chez Engie Cofely. Avant pour faire une analyse vibratoire sur une machine, il fallait tirer un câble, poser une box, disposer des capteurs... C’était un mille-feuille technologique complexe et coûteux... Aujourd’hui, il suffit d’un petit objet connecté fixé avec un chewing-gum. C’est ça qui est intéressant dans les objets connectés : l’économie par rapport aux solutions classiques."
Un besoin d’analyse
Engie Cofely a passé un contrat avec Sigfox pour 15 000 objets connectés et juge avoir un potentiel total pour 100 000 objets. Pour l’heure, 1 500 ont été déployé dans le but de développer du smart metering, de simplifier les opérations de télé-relève et de répondre à des exigences règlementaires comme le suivi de température des eaux sanitaires. Avec ces technologies, le problème n'est plus de faire remonter de la donnée. "C’est dans la capacité à ressortir une donnée pertinente que nous sommes pauvres aujourd’hui", déplore Hervé Bidiou. Faut-il comprendre que le prochain investissement de l'énergéticien bénéficiera à une start-up de l'analytics ? Affaire à suivre...


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