“L’année 2023 a été compliquée en termes de financements, notamment sur la raréfaction de l’investissement privé sur ce secteur. Ça s’est vraiment ressenti sur les acteurs émergents”, a déclaré Franck Mouthon, président de France Biotech, association regroupant des entreprises innovantes de la healthtech, lors de la présentation du 21e panorama, ce mardi 27 février.
Un montant levé en baisse de 32% sur un an
En effet, en 2023, les start-up de la healthtech — secteur qui comprend la biotech, la medtech et la santé numérique — ont levé 1,8 milliard d’euros, dont 1 milliard via le capital-risque, soit 32% de moins qu’en 2022. Une baisse qui s’inscrit dans une réduction plus globale des montants levés, pour l’ensemble de la French Tech : en 2023 : les start-up françaises ont levé 8,3 milliards d’euros, 38% de moins qu’en 2022.
Pour autant, le rapport montre un certain dynamisme : en tout, la healthtech, c’est 2660 entreprises, dont 1393 dans la medtech, 820 dans la biotech (20 de plus qu’en 2022) et 450 dans l’e-santé ou ayant recours à l’intelligence artificielle comme principale technologie (50 de plus qu’en 2022). De plus, “la France demeure à la deuxième place en Europe, après le Royaume-Uni, en montants levés en capital-risque et nombre d’opérations”, nuance Franck Mouthon.
Dans un contexte économique difficile à l’échelle mondiale, 74% des entreprises healthtech interrogées commercialisent leurs produits à la fois en France et à l’international, et 2% uniquement à l’international. Les États-Unis concentrent 42% des filiales des entreprises de healthtech, à quasi-égalité avec l’Europe (43%), l’Asie étant loin derrière (9%) et portée par la Chine.
Des effectifs en augmentation… mais une appréhension pour 2024
Fin 2023, les entreprises interrogées concentraient 15 032 emplois directs, soit 4% de plus qu’en 2022, avec une moyenne de 31 collaborateurs par entreprise. Plus de 2200 recrutements sont prévus en 2024, principalement dans la communication et le marketing et le développement clinique, au détriment des emplois spécialisés dans la production ou les services.
Cependant, si 3 entreprises sur 4 ont recruté de nouveaux collaborateurs en 2023, 56% d’entre elles anticipent des difficultés pour recruter en 2024. Un constat particulièrement partagé pour la medtech (60%) et la santé numérique (54%). La filière évoque notamment ses difficultés pour trouver des profils adaptés, la concurrence des rémunérations et le manque de profils pour le poste recherché. 22% des entreprises peinent à recruter dans le business développement, une proportion qui grimpe à 27% pour la R&D.
Le financement, première préoccupation des entreprises
Les entreprises interrogées sont majoritairement préoccupées par la question du financement, 67% d’entre elles la plaçant comme premier enjeu (+ 4 points). Plus de 7 entreprises sur 10 notent la difficulté à lever des fonds, 58% pointent du doigt l’augmentation des prix chez les prestataires, et 36% se déclarent affectées par l’augmentation du prix de l’énergie et des matières premières.
“2021 était une année Covid, mais une année record pour l’écosystème, en Europe et aux USA, remarque Cédric Garcia, associé au sein du cabinet EY. L’année 2022 avait cette particularité d’avoir un retrait assez fort, mais en France, il y avait un effet retard. En 2023, la France est en retrait.” Le cabinet de conseil constate également une baisse du ticket moyen pour les fonds levés en capital-risque, passant de 16 à 13 millions d’euros. Une seule levée de fonds supérieure à 100 millions d’euros a été observée dans l’Hexagone en 2023, Amolyt Pharma (130 millions d’euros en janvier 2023).
Fusion-acquisition et partenariats industriels pour remédier au manque de moyens
En réponse à ces difficultés de financement, 47% des entreprises envisagent également d’avoir recours à une fusion-acquisition comme stratégie d’exit ou de développement. “Les groupes pharmaceutiques ont la capacité de financer des acquisitions, ajoute Cédric Garcia. Elles arrivent à un moment où la durée de vie des brevets devient limitée, où leur R&D est de plus en plus faible. Il va y avoir un momentum pour les sociétés européennes biotech européennes et françaises, pour faire des transactions M&A avec des sociétés américaines.”
En revanche, un tiers des entreprises souhaite développer leur activité seul, et faire appel à un partenaire industriel. Dans ce cadre, 3 sociétés sur 4 considèrent que cette option est une solution aux problèmes de financement.


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