Einride, start-up suédoise de camions autonomes, va entrer en Bourse aux États-Unis en 2026 via une SPAC

La start-up scandinave à l'origine de pods électriques et autonomes sans cabine va fusionner avec la société d'acquisition spécialisée Legato Merger Corp. III afin d'entrer en Bourse à New York l'année prochaine. Elle rejoindra ainsi d'autres entreprises américaines du secteur, telles que Kodiak AI et Aurora Innovation.

Einride camions autonomes
Einride camions autonomes

Einride, l'outsider européen dans le secteur des poids lourds autonomes, s'apprête à faire ses débuts sur le marché boursier. La start-up suédoise a annoncé le 12 novembre vouloir entrer en Bourse à Wall Street par le biais d'une fusion avec la société d'acquisition à vocation spécifique (SPAC) Legato Merger Corp. III. L'opération, qui valorise Einride à 1,8 milliard de dollars (1,56 milliard d'euros environ), devrait être finalisée au premier semestre 2026 sous réserve d'approbation des autorités réglementaires.

Les pods autonomes d'Einride circulent sur des routes privées

Fondée en 2016, Einride développe à la fois des camions électriques dédiés au transport de charges lourdes et ce qu'elle appelle des “pods”, soit des navettes autonomes sans cabine de la taille d'une camionnette. La start-up commercialise en outre une solution SaaS permettant à des tiers d'avoir accès à sa plateforme sous licence, incluant notamment un logiciel de planification alimenté par IA.

La jeune pousse suédoise exploite une flotte de 200 camions électriques pour le fret lourd en Europe, aux États-Unis et aux Émirats arabes unis pour d'importants clients tels que Carlsberg, Lidl, Heineken ou encore PepsiCo. Ses navettes autonomes circulent aux États-Unis sur des routes privées entre les usines et entrepôts de GE Appliances ainsi que depuis décembre dernier à Morgongava (Suède), entre les entrepôts du retailer suédois Apotea.

1700 heures de conduite autonome avec ses contrats clients

Ailleurs en Europe, Einride a fait circuler le premier poids lourd autonome sur une route publique belge le mois dernier, au port d'Anvers-Bruges. La start-up a aussi mené avec succès le premier franchissement de frontière de “véhicule électrique autonome câblé” au monde, entre la Suède et la Norvège. À noter que cette annonce d'introduction future en Bourse intervient moins d'un mois après la finalisation de sa dernière levée de fonds de 100 millions de dollars (85 millions d'euros environ), dans un tour mené par EQT Ventures.

Einride revendique la réalisation de plus de 1700 heures de conduite autonome dans le cadre des contrats passés avec ses clients et déclare avoir enregistré un revenu annuel récurrent (ARR) de 45 millions de dollars (38 millions d'euros environ). La start-up s'attend à ce que l'opération génère 219 millions de dollars de recettes brutes. “Les actionnaires actuels d'Einride devraient détenir 83% du capital social pro forma après clôture de l'opération, sous réserve d'une augmentation de capital de 100 millions de dollars par le biais d'un placement en private equity (PIPE)”, précise le suédois.

Une alternative européenne ?

L'introduction en Bourse d'Einride pourrait permettre à l'entreprise européenne de se démarquer dans un secteur ultra-dominé par les États-Unis. Kodiak AI (ex-Kodiak Robotics), par exemple, équipe depuis l'année dernière des camions du fournisseur de produits de soutènement Atlas Energy de sa solution de conduite autonome, pour des livraisons de sable dans le bassin permien américain. La société est entrée en Bourse via une SPAC fin septembre. Aurora Innovation, cotée depuis 2021, exploite de son côté un service commercial sur un tronçon de 370 kilomètres au Texas, avec des opérateurs de sécurité sur le siège conducteur.

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