FlexAI, start-up française créée en juillet 2023, annonce ce 24 avril une levée de fonds d'amorçage de 28,5 millions d’euros. Elle développe une solution d'infrastructure virtuelle pour l'entraînement de modèles d'IA. Destinée aux développeurs qui n'ont pas accès à de grandes quantités de calcul, elle vise à simplifier le processus d'entraînement pour le rendre aussi rapide que l'ouverture d'une instance cloud.
Pas besoin d'être expert dans la mise en réseau de GPU ou dans la gestion de l'allocation des mémoires, il suffira au client de spécifier son besoin (modèle de telle taille avec telle priorité) et FlexAI s'occupera de lui trouver les ressources adéquates, avec une facturation à l'usage plutôt qu'une location de GPU à l'heure.
Une infrastructure hétérogène virtualisée en mode multi-cloud
Des solutions similaires existent déjà (on pense à CoreWeave ou Lambda Labs), mais elles se limitent aux GPU de Nvidia. FlexAI se démarque en proposant de déployer les modèles sur des architectures hétérogènes, qui peuvent inclure aussi bien des GPU Intel ou AMD que des accélérateurs Gaudi ou Cerebras. Sa couche logicielle en fait l'abstraction, permettant aux développeurs de se concentrer sur l'essentiel : la création des modèles et cas d'usage.
Dali Kilani, cofondateur et CTO de FlexAI, déclare par voie de communiqué : "En rendant les ressources de calcul plus accessibles, nous espérons stimuler une vague d'innovation sans précédent, en permettant aux entreprises et aux développeurs de consacrer une plus grande part de leur budget et de leur énergie à l'innovation et à la recherche, plutôt qu'aux dépenses d'infrastructure."
Le tour de table a été mené par le fonds luxembourgeois Alpha Intelligence Capital, le capital-risqueur français Elaia Partners et le danois Heartcore capital, avec la participation de First Capital, Motier Ventures, Partech et de Karim Beguir, CEO d’InstaDeep. Si FlexAI réalise une très belle levée d'amorçage, c'est que ses fondateurs Brijesh Tripathi (CEO) et Dali Kilani (CTO) ne sortent pas de nulle part. Ils ont travaillé à eux deux chez Apple, Intel, Nvidia, Tesla et Zoox.
Lancement prévu cette année
Leurs liens étroits avec l'industrie leur apporte une légitimité qui devrait également leur permettre d'être compétitifs sur les prix, notamment en mettant à profit les ressources "non-Nvidiennes" du marché, qui ont peiné à séduire jusqu'à présent. La rupture d'approvisionnement quasi-perpétuelle des GPU optimisés pour l'IA de Nvidia facilitera sans doute les choses. A noter par ailleurs que Jim Keller, grande figure de l'industrie et PDG de Tenstorrent (qui développe un accélérateur IA pour data centers), est membre du conseil d'administration de FlexAI.
La solution de FlexAI est pour l'instant en bêta fermée auprès de quelques clients triés sur le volet. Elle sera commercialisée "dans le courant de l'année". La start-up, qui compte 40 salariés dont 25 en France, vise deux catégories de clients : d’une part, les développeurs européens de grands modèles de langage, qui ont accès à suffisamment de ressources de calcul mais souhaitent gagner en efficacité et faire tourner leurs modèles plus rapidement. D’autre part, les entreprises qui n’ont pas accès à une infrastructure de calcul suffisamment développée.
FlexAI prévoit aussi de s’associer avec les grands fournisseurs de cloud, afin qu’ils puissent intégrer sa solution directement sur leurs plateformes. Elle cite notamment Amazon Web Services et Google Cloud parmi ses partenaires. Elle réfléchit par ailleurs à développer ses propres capacités de calcul, avec des data centers en propre. Elle compte lancer pour ce faire un cycle de financement par emprunt d'ici la fin d'année.
Vous souhaitez être en veille sur l’actualité du secteur de l’intelligence artificielle ? Inscrivez-vous gratuitement à la newsletter IA Insider.


![[ÉNERGIES] Déployez vos projets IA à l’échelle, inspirez-vous du cas ENGIE Entreprises et Collectivités](https://cdn.webikeo.com/webinar_logo/2025-10-24-ac93013fcd6c2ea907b5a091f0e74c90.png)
