L'intelligence artificielle a bouleversé le domaine de l'imagerie médicale. Les algorithmes peuvent par exemple contrôler les paramètres du traitement des images pour une meilleure qualité ainsi qu'étiqueter et détecter certaines pathologies plus rapidement qu'un professionnel. Pour stimuler les innovations en la matière, le ministère de la santé et de la prévention, le ministère de l'industrie et celui du numérique ont lancé un appel à projets en janvier dernier. Les lauréats viennent d'être annoncés.
Une enveloppe de 16,1 millions d'euros
Les 4 projets sélectionnés reçoivent une enveloppe totale de 16,1 millions d'euros, dont près de 10 millions d'euros d'aides publiques. Ce financement s'inscrit de le cadre de la stratégie d'accélération "Santé numérique" du plan d'investissement national France 2030 (54 milliards d'euros déployés sur 5 ans).
Les projets retenus répondent à "des impératifs de santé publique majeurs et concernent des technologies qui sont au coeur des décisions médicales", notent les ministères. Ils ont vocation à être "déployés rapidement dans les hôpitaux pour le bénéfice des patients", ajoute Aurélien Rousseau, ministre de la santé et de la prévention.
Réduire le nombre d'ablations réalisées à tort
Trois projets reposent sur le recours à des algorithmes d'apprentissage automatique. VisioThyroid, qui reçoit un financement public de 2 millions d'euros, vise à développer "une solution d'IA" pour le diagnostic du cancer de la thyroïde destinée aux médecins anatomo-cytopathologistes (spécialité médicale qui consiste à examiner les organes, les tissus ou les cellules pour détecter une maladie). Son but est d'améliorer le taux de détection de ce cancer et de réduire le nombre de lobectomies (ablation d'un lobe pulmonaire) et de thyroïdectomies réalisées à tort. Le projet est porté par la start-up VitaDx et Medipath (centres de pathologies).
Cervix a reçu une enveloppe de 3 millions d'euros pour développer des algorithmes d'aide au diagnostic capable de caractériser avec précision les lésions du col de l'utérus. Ce consortium est composé du groupement hospitalier AP-HP, l'entreprise Primaa et Medipath. De son côté, Heart Focus est porté par la start-up bordelaise Deski, à l'origine d'un logiciel de guidage de l'échographie cardiaque basé sur l'IA. L'objectif est d'aider les professionnels de santé à effectuer des examens d'échographie cardiaque pour répondre à la tension exercée par la hausse de la demande de soins.
Holodopplerest le seul projet qui vise à développer un dispositif médical physique. L'Hôpital Fondation Rothschild, le Centre Hospitalier National d'Ophtalmologie des Quinze-Vingts, l’École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris et le fabricant Quantel Medical souhaitent développer un Doppler optique – un appareil destiné à évaluer le flux sanguin dans les vaisseaux – pour quantifier l'hémodynamique oculaire (caractéristiques de l'écoulement du sang) et ainsi améliorer le diagnostic et le suivi du glaucome (maladie oculaire caractérisée par une destruction lente du nerf optique) et de l'hypertension. Dans ce titre, ils reçoivent 2,8 millions d'euros.


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