L'Europe en quête d'un nouveau plan pour soutenir l'industrie des semi-conducteurs

Le vieux Continent puise dans ses ressources pour devenir le fameux champion industriel et technologique dont il rêve. Alors que le Chips Act de 2023 semble avoir fait un léger flop, l'Europe tente de se relancer en la matière et prévoit un second plan dédié aux semi-conducteurs.

Commission européenne Bruxelles
Commission européenne Bruxelles

"L'avenir des technologies clés en Europe se joue maintenant". Le vieux Continent le sait, il doit jouer toutes les cartes en sa possession pour devenir un acteur majeur dans le domaine des semi-conducteurs, particulièrement à l'ère de l'IA générative, et ainsi gagner en souveraineté.

Ce mois-ci, plusieurs groupes industriels, mais aussi des législateurs, ont lancé un appel en faveur d'un second plan "Chips Act". Ce à quoi Henna Virkkunen, responsable numérique de la Commission européenne, répond que l'Europe étudie de nouveaux moyens de soutenir son industrie des semi-conducteurs.

Un Chips Act bis

Mais concrètement, qu'en est-il ? Pour mémoire, le Chips Act initial de 43 milliards d'euros lancé en 2023 n'a pas atteint ses principaux objectifs, mais est toujours considéré comme ayant empêché une détérioration de l'industrie européenne face à des programmes d'aide publique plus importants chez ses voisins, aux États-Unis et en Chine.

"Nous planifions les prochaines étapes du Chips Act, car nous constatons que nous n'atteignons pas les objectifs que nous avons fixés et qu'il faut donc en faire plus", a déclaré Henna Virkkunen à la presse. Un second programme européen aurait, selon les groupes de lobbying, pour but de renforcer les chaînes d'approvisionnement, combler les lacunes en matière de fabrication de puces et d'emballage, et s'appuyer sur les forces existantes telles que la fabrication d'équipements pour les puces. "Je me suis également rendu compte qu'il existe déjà un fort soutien en faveur d'un Chips Act 2", concède la responsable numérique de la Commission européenne.

Un plan IA adopté en parallèle 

Un groupe de neuf pays travaille donc sur des recommandations pour une énième impulsion en faveur des puces, ses conclusions devant être présentées à la Commission avant l'été. En parallèle, la Commission européenne a annoncé que son programme de travail pour 2025-2027 issu lui-même du plan "Europe numérique" vient d'être adopté. Il est destiné à financer des technologies numériques critiques, essentielles pour stimuler l'innovation en matière d'IA en Europe et contribuer à la souveraineté technologique et à la compétitivité de l'UE.

Doté de 1,3 milliard d'euros, le programme se concentrera sur le soutien aux centres européens d'innovation numérique, le développement de l'initiative Destination Terre - qui consiste à développer un jumeau numérique de la planète -, la poursuite du portefeuille numérique de l'UE et de son infrastructure "de confiance européenne" ainsi que le renforcement de ses capacités en matière de cyberrésilience. In fine, l'ambition reste la même que celle clamée par les 27 lors du Sommet pour l'action sur l'IA : "Faire de l'Europe un continent de l'IA, prospérant grâce au développement, à l'intégration et à l'adoption de l'IA". Faut-il encore s'en donner les moyens.

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