L'OTAN soutient l'IA et la robotique avec son fonds d'innovation

Le Fonds d'innovation de l'OTAN a confirmé qu'il avait investi directement dans quatre entreprises technologiques européennes qui, selon lui, contribueront à relever les défis en matière de défense, de sécurité et de résilience. En parallèle, le fonds s'est associé à des sociétés de capital-risque telles que Alpine Space Ventures, OTB Ventures, Join Capital et Vsquared Ventures afin de soutenir d'autres investissements dans l'IA, la robotique et les deeptech notamment sur le continent.

ARX Robotics - startup defense
ARX Robotics développe une gamme robotique mobile autonome. Ses systèmes robotiques évolutifs sont destinés à un déploiement de masse pour diverses applications militaires et commerciales.

Le Fonds OTAN pour l'innovation (NIF) – soutenu par 24 des 32 Etats membres – vient de faire part de ses premiers investissements. Ceux-ci se concentrent sur des entreprises spécialisées dans les nouveaux matériaux et la fabrication, l'intelligence artificielle et la robotique. Doté d'un milliard d'euros en fonds propres, il investit également pour "renforcer les pôles technologiques dans les régions où les capitaux destinés aux start-up en démarrage sont très demandés afin de promouvoir la souveraineté technologique de l'Alliance", apprend-on.

Associé aux gouvernements alliés, le fonds vise à fournir aux sociétés de son portefeuille un accès et des informations sur les marchés et opportunités de défense, gouvernementaux et business au sens large. "Les investissements du Fonds contribueront à éliminer les obstacles à la croissance des technologies émergentes en Europe et au Royaume-Uni, qu'il s'agisse de faire progresser nos capacités collectives en IA ou de repousser les limites de la fabrication de nouveaux matériaux", précise l'OTAN.

L'IA et la robotique au premier plan

Quatre entreprises ont été citées comme bénéficiaires de ces investissements directs du Fonds. La première à en profiter est ARX Robotics, un fabricant de systèmes robotiques évolutifs, compte déployer massivement ses systèmes dans des applications de défense, commerciales et humanitaires auprès de forces armées. Elle a ainsi levé 9 millions d'euros dans un tour dirigé par NATO Innovation Fund, Discovery Ventures et Project A Ventures. Fondée en 2021 par deux anciens soldats de l'armée allemande, la start-up indique que ce "ce nouveau tour de table servira à agrandir l'équipe et à accroître les capacités de production en Europe".

Autre start-up à recevoir un financement : Fractile, une jeune société d'IA londonienne qui développe des puces pour exécuter de grands modèles de langage deux ordres de grandeur plus rapidement. Elle se démarque par son approche qui consiste à fusionner le calcul et la mémoire, offrant une capacité d'évolution pour permettre d'exécuter les plus grands modèles du monde à l'échelle mondiale.

La quête de composites plus légers et plus durables

De son côté, iCOMAT, spécialisé dans la fabrication de composites avancés pour fournir des structures plus légères, plus solides et plus durables pour les véhicules aérospatiaux et automobiles, bénéficie de 22,5 millions d'euros. Le tour de table en série A a dirigé par 8VC et codirigé par le Fonds OTAN pour l'innovation. Parmi les autres investisseurs rejoignant le cycle figurent Solvay Ventures et les investisseurs existants Velocity Partners VC. L'entreprise – spin-out de l’Université de Bristol – a été fondée en 2019 par le scientifique grec Evangelos Zympeloudis.

Elle a mis au point un procédé de fabrication entièrement automatisé pour transformer la fibre de carbone en matériaux composites légers, appelé procédé Rapid Tow Shearing (RTS). Avec sa solution, elle promet une réduction du poids de 10 à 65% par rapport aux solutions sur le marché et une multiplication par dix des cadences de production.

L'espace, secteur clé pour l'OTAN

Enfin, la dernière à profiter de l'enveloppe est tournée vers le spatial. Baptisée Space Forge, l'entreprise utilise l'environnement spatial pour fabriquer des matériaux semi-conducteurs avancés pour les infrastructures critiques, et garantir des capacités plus puissantes et plus résilientes dans les domaines des télécommunications, de l'aérospatiale et du quantique.

Fondée par deux anciens de Thales Alenia Space, la société a développé ForgeStar, une plateforme satellite de fabrication en orbite qui exploite l'apesanteur pour la production de semi-conducteurs et de produits pharmaceutiques et conçu plusieurs satellites lancés depuis le Royaume-Uni. "Cet investissement permet à Space Forge de développer la version de production de son architecture ForgeStar et de fournir un avantage critique dans les technologies clés grâce à ses matériaux semi-conducteurs avancés", a déclaré Joshua Western, PDG et cofondateur de Space Forge.

Un soutien aux fonds de capital-risque axés sur les secteurs stratégiques

En parallèle, le Fonds OTAN indique soutenir les gestionnaires de fonds de capital-risque qui investissent dans les technologies à un stade précoce, en mettant l'accent sur les marchés civils et de la défense, de la sécurité et de la résilience. Ce soutien est principalement tourné vers les régions confrontées à des obstacles à l'accès au financement dans le passé - comme l'Europe du Sud et de l'Est - ainsi que des écosystèmes avec un nombre en croissance rapide de deeptech - comme les pays nordiques.

Parmi les fonds soutenus, on trouve ainsi Alpine Space Ventures, un fonds de démarrage axé sur les investissements dans le secteur spatial et OTB Ventures, un fonds de deeptech axé sur l'amorçage et la série A et investissant dans l'automatisation et l'IA d'entreprise, la cybersécurité et l'infrastructure fintech.

Egalement présents, Join Capital, un fonds de capital-risque de démarrage basé à Berlin, axé sur les investissements technologiques ainsi que Vsquared Ventures, qui investit dans des entreprises en phase de démarrage qui développent des technologies répondant à certains des défis de société les plus urgents et les aidant à se développer hors d'Europe. Vsquared se concentre sur l'IA et les logiciels de dernière génération, la transition énergétique, les nouveaux espaces, la robotique et la fabrication, ainsi que les biotech.

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