L'empire du Milieu contre-attaque. L'humiliation est une chose que la Chine supporte très mal, notamment quand il s'agit de ses propres entreprises. Sur fond de tensions avec son pire ennemi, les Etats-Unis, le pays a ainsi attaqué Nvidia sur plusieurs fronts.
Dans un premier temps, la firme américaine a été accusée d'enfreindre les lois anti-monopole après l'acquisition du fabricant d'équipements réseau Mellanox Technologies, comme l'a déclaré l'Administration d'État chargée de la réglementation du marché à l'issue d'une enquête préliminaire. S'en est suivie dans un second temps l'interdiction pure et simple d'achat de ses puces pour les entreprises nationales.
Initialement, plusieurs entreprises avaient indiqué leur intention de commander des dizaines de milliers de RTX Pro 6000D et avaient commencé les tests et la vérification avec les fournisseurs de serveurs de Nvidia, avant de finalement annuler ces travaux après avoir reçu l’ordre de l'Administration chinoise du cyberspace (CAC). Parmi elles, des poids lourds comme ByteDance et Alibaba.
Une escalade de la violence
Ironique quand on sait que Nvidia n'a pas déclaré la moindre vente sur le territoire chinois de son semi-conducteur H20, pourtant destiné à ce marché très gourmand en puissance de calcul. Récemment, malgré une autorisation obtenue par le gouvernement américain d'y reprendre les ventes, l'entreprise a suspendu la production de ces puces après que le gouvernement chinois a officiellement découragé l'utilisation des puces Nvidia par les entreprises du pays.
Les administrations américaines ne sont pas étrangères à ce coup du sort : elles ont clairement restreint l’accès de la Chine aux puces avancées, poussant Pékin à inciter les entreprises locales à se détourner des fournisseurs américains, affectant de facto les pontes du secteur comme Nvidia. Les entreprises chinoises ont notamment essuyé quelques critiques de la part du secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, cet été. La goutte d'eau qui a fait déborder le vase.
Nvidia pris entre deux feux
Son patron, Jensen Huang, n'a pas manqué d'élever la voix à l'annonce de l'ordre donné aux grandes entreprises technologiques chinoises de suspendre leurs achats de puces d’IA de l’entreprise américaine et d’annuler les commandes en cours. Il a ainsi déclaré : "Je suis déçu par ce que je vois, mais ils ont des enjeux plus larges à régler entre la Chine et les États-Unis, et je suis patient. Nous continuerons à soutenir le gouvernement chinois et les entreprises chinoises comme elles le souhaitent".
Le deux pays ont pourtant eu l'occasion d'échanger lors de discussions commerciales organisées à Madrid cette semaine. Les échanges se sont concentrés sur des points de friction majeurs, en particulier autour des questions commerciales et technologiques. Les deux parties tentent de désamorcer les tensions liées aux droits de douane, aux contrôles des exportations de technologies sensibles et aux mesures anti?dumping que la Chine vient de lancer contre certains produits américains.
Un sujet particulièrement brûlant est le cas de TikTok, pour lequel les États-Unis insistent sur une cession des actifs chinois ou des garanties très strictes, tandis que la Chine considère cela comme une mesure discriminatoire. Les discussions visent également à prolonger une sorte de trêve tarifaire pour éviter une nouvelle escalade immédiate.


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